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Résumés et sommaires de publications récentes dans le champ du GIS 

Les résumés ci-dessous sont ceux figurant sur la quatrième de couverture des ouvrages.

Jean-Noël Jouzel, Dorothée Landel, sous la direction de Pierre Lascoumes, Décider en incertitude. Le cas d'une technologie à risques et de l'épidémie d'hépatite C, Paris, L'Harmattan, Collection Risques Collectifs et Situations de Crise, novembre 2005, 216 p.
Table des matières
Beaucoup d’acteurs publics ont la nostalgie des choix tranchés. Aujourd’hui, la décision serait devenue lourde voire impossible. Il faut la préparer en amont, l’étayer, l’amender en cours d’élaboration, la justifier auprès de multiples publics, la laisser ouverte à des évolutions futures, etc. L’accumulation de ces exigences est accentuée par les contextes d’incertitude qui demandent à la fois prudence et action. Enfin, l’existence de dangers collectifs et leur complexité due à l’urgence et à la technicité mettent particulièrement à l’épreuve les modes de décision classiques. Une question se pose donc de plus en plus fréquemment : dans quelle mesure une controverse publique rend-elle la décision plus difficile, ou au contraire est-elle un moyen de la préparer et de la solidifier ?
Cet ouvrage contribue à répondre à cette question à travers l'étude de deux exemples de décision inattendue : l’une parce qu’elle semblait prévisible s’inscrivant dans une procédure bien formatée, l’autre parce qu’elle semblait s’imposer au vu d’une urgence. Mais dans les deux cas la décision attendue échoue :
- le premier cas est une décision « contre-intuitive » qui concerne un projet innovant d’usine dans le Finistère. Celle-ci présentait toutes les garanties techniques possibles, résolvait un problème local majeur (élimination des lisiers excédentaires) et disposait du soutien d’une vaste coalition d’acteurs. Mais un télescopage inattendu avec la catastrophe d’AZF à Toulouse déstabilise radicalement un processus qui semblait joué d’avance.
- le second cas est une « décision molle », qui alterne des séquences de non-décision avec des mesures minimales malgré une urgence sanitaire qui ne le devient jamais politiquement. Il s’agit de l’épidémie d’hépatite C qui touche aujourd’hui plus de 500 000 personnes, mais qui est restée depuis vingt ans un enjeu latent, un problème public silencieux.
Au-delà des stratégies d’acteurs et des formes de l’action collective, ces études montrent l’importance des activités de connaissance, de recueil et de production d’informations dans le développement des controverses et les processus décisionnels.

Julien Besançon, Olivier Borraz, Catherine Grandclément-Chaffy, La sécurité alimentaire en crises. Les crises Coca-Cola et Listeria de 1999-2000, Paris, L'Harmattan, Coll. Risques collectifs et Situations de Crise, avril 2004, 307 p.
Table des matières
A la suite de la crise de la vache folle puis de la controverse autour des OGM, la France s'est dotée d'un système d'expertise et de gestion des risques dans le domaine des aliments. Ce système s'est rapidement trouvé mis à l'épreuve. Deux crises ont, par leur caractère inaugural, joué un rôle important dans la consolidation du nouveau dispositif.
Juin 1999 : dans une école belge, des élèves sont hospitalisés après avoir bu du Coca-Cola. La crise prend rapidement de l'ampleur en Belgique puis en France, deux pays déjà déstabilisés dans le domaine de la sécurité alimentaire. Elle apparaît comme une étape importante dans l'apprentissage de la gestion des situations d'incertitude et de crise dans ce domaine - ainsi que dans la mise en oeuvre du principe de précaution.
Janvier-mars 2000 : une quarantaine de personnes contractent une listériose après avoir consommé des produits de charcuterie ; 13 en décèdent. A l'occasion de cette crise, un enjeu majeur pour le dispositif de gestion des risques sanitaires des aliments émerge : à qui « appartient » la sécurité alimentaire ? La crise va contribuer à y répondre et ce faisant à préciser le rôle des différents intervenants dans le dispositif.
L'ouvrage est une contribution à l'analyse de l'organisation du champ de la sécurité alimentaire en France. Il entend également nourrir les réflexions sur l'évaluation et la gestion des risques sanitaires. Il se propose enfin de revenir sur l'étude des risques et des crises en privilégiant l'examen de leurs dynamiques politiques sous-jacentes.

Jacqueline Estades, Elisabeth Rémy, L'expertise en pratique. Le cas de la vache folle et des rayonnements ionisants, Paris,  L'Harmattan, décembre 2003, Coll. Risques collectifs et Situations de Crise, 250 p. 
Table des matières

Les pouvoirs publics s'en remettent de plus en plus à l'expertise scientifique pour justifier la gestion de risques collectifs, notamment quand de fortes incertitudes suscitent de vives controverses et inquiétudes. 
Comment évaluer et contenir la grave menace incarnée par le variant de la maladie de Creutzfeldt-Jakob ("vache folle")? Comment mesurer les risques sanitaires liés à la proximité d'un site retraitant des déchets nucléaires? Comment désigner des priorités à partir de faits incertains ? ... Autant de questions qui mettent à l'épreuve l'expertise scientifique.
 A travers l'étude de deux dispositifs - le Comité interministériel sur les encéphalopathies spongiformes subaiguës transmissibles et les comités expertisant les liens entre radioactivité et leucémies à La Hague - les auteurs analysent les conditions d'organisation et de fonctionnement d'une expertise inscrite dans le registre de la précaution.
L'ouvrage est une contribution au débat actuel sur les formes de "démocratie technique". L'entrée par la fabrication des avis conduit à remettre en question les frontières établies entre pratiques de recherche et pratiques d'expertise. Plus globalement, il s'agit de montrer comment s'organise une vigilance collective au nom de la précaution; comment l'affirmation de l'autorité savante cède le pas à l'expérimentation collective dans laquelle des savoirs locaux se mêlent à la science des laboratoires ouvrant ainsi la voie à de nouveaux apprentissages.

Risques collectifs et situation de crises. Apports de la recherche en sciences humaines et sociales, sous la direction de Claude Gilbert, Paris, L'Harmattan, 2003, Coll. Risques collectifs et Situations de Crise, 340 p., ISBN : 2-7475-4925-9, 27,45 €              

Les risques susceptibles d'affecter les collectivités humaines (risques naturels, technologiques, sanitaires, alimentaires, liés à la rupture de grands systèmes...) et les crises qu'ils suscitent sont au cœur des débats contemporains. Les sciences humaines et sociales ont, depuis une dizaine d'années, développé des recherches nombreuses et diverses sur ces questions considérées comme des problèmes de société cruciaux. Elles ont ainsi introduit de nouveaux cadres d'analyse susceptibles de changer assez radicalement la compréhension voire la gestion des risques et des crises.
Cet ouvrage est issu d'un colloque organisé par le Programme Risques Collectifs et Situations de Crise du CNRS (1994-2000) qui a été l'occasion de prendre mesure et acte de ces changements. Il est construit autour de cinq questions centrales dans le champ des risques et des crises:
- les modes d'émergence des risques comme problèmes publics
- l'impact des configurations d'acteurs et organisations sur la gestion des risques
- le rôle des hommes et des organisations dans les accidents et catastrophes
-les nouvelles modalités d'expertise et de concertation en matière de risques
- les perspectives de recherche sur les situations de crise aujourd'hui
Les contributions rassemblées relèvent d'approches disciplinaires variées et s'appuient sur différents cas de risques et de crises : risques naturels, nucléaires, alimentaires, de santé-environnement, OGM, "vache folle", saturnisme, pollution industrielle des sols, boues d'épuration urbaines, risques liés aux transports, aux grands systèmes socio-techniques, etc.

Table des matières

Ont contribué à cet ouvrage : René Amalberti, Yannick Barthe, Olivier Borraz, Mathilde Bourrier, Frédéric Caille, Francis Chateauraynaud, Suzanne de Cheveigné, Geneviève Decrop, Damien Deschamps, Wolf R. Dombrowsky, Christine Dourlens, Jacqueline Estades, Emmanuelle Fauchart, Claude Gilbert, Paul't Hart, Pierre-Benoît Joly, Patrick Lagadec, Claude Lienhard, Claire Marris, Christine Noiville, Elisabeth Rémy, Jacques Roux, Yannick Rumpala, Danielle Salomon, Marie-France Steinle-Feuerbach

Christine Dourlens, Saturnisme infantile et action publique, Paris, L'Harmattan, Collection Risques Collectifs et Situations de Crise, 2003, 220 p.
Table des matières
Provoqué par le plomb, le saturnisme est une maladie affectant principalement les enfants et qui, il y a une quinzaine d'années encore, n'était connue que des spécialistes. D'abord identifié comme une simple pathologie, le saturnisme infantile est désormais reconnu comme une maladie de la pauvreté et du mal logement.
L'histoire du saturnisme ne se présente cependant pas comme une histoire linéaire, au cours de laquelle se seraient progressivement imposées la réalité et l'importance du problème à traiter. Il y a certes eu des travaux scientifiques, des prises de positions fortes, des mobilisations sociales importantes. Mais il s'agit plutôt d'une histoire discontinue bousculant la chronologie, avec des développements parallèles ou entrecroisés, avec des moments d'intenses mobilisations et des périodes d'enlisement et de silence.
Au fil des ans, il n'y a pas donc pas eu de véritable capitalisation, mais plutôt une série de reformulations du problème. Reformulations qui se sont superposées, les unes effaçant parfois les autres.
L'histoire du saturnisme infantile est donc moins celle du passage de l'obscurité à la lumière d'un problème bien identifié que celle de ses métamorphoses successives.


Mathilde Bourrier dir., Organiser la fiabilité, Paris, L'Harmattan,
Collection Risques Collectifs et Situations de Crise, 2001, 240 p.

Nucléaire, aviation civile, aérospatiale, aéronavale : autant d'activités à hauts risques qui réclament des niveaux de fiabilité extrêmement élevés. Or la fiabilité est un produit de l'organisation.
Cet ouvrage explicite les liens existant entre fiabilité et organisation. Il présente les principaux courants d'analyse en France et à l'étranger, en s'appuyant sur des exemples précis : centrales nucléaires, avions de ligne, navettes spatiales, navires de guerre.
Les chercheurs qui ont contribué à cet ouvrage sont tous spécialistes des organisations complexes et " à risque ". Leurs travaux témoignent de la richesse et de la vitalité du dialogue scientifique international actuel sur ces questions.
Ce livre est destiné aux chercheurs et étudiants intéressés par les organisations " à risque ", confrontés aux exigences des travaux de terrain, et aux acteurs responsables de ces systèmes hautement sophistiqués. Plus largement, il s'adresse à tous ceux qui souhaitent en savoir davantage sur le fonctionnement de ces organisations hors du commun, emblématiques de notre modernité.
Ont contribué à cet ouvrage : Mathilde Bourrier, Babette Fahlbruch, Alain Gras, Todd La Porte, Caroline Moricot, Gene Rochlin, Jean Saglio, Diane Vaughan, Bernhard Wilpert.

Chapitre 1 - La fiabilité est une question d'organisation - Mathilde Bourrier

Chapitre 2 - Les organisations " à haute fiabilité " : bilan et perspectives de recherche - Gene I. Rochlin

Chapitre 3 - Fiabilité et légitimité soutenable - Todd R. La Porte 

Chapitre 4 - La notion de sécurité systémique : un nouveau domaine de recherche pour la psychologie industrielle - Babette Fahlbruch et Bernard Wilpert

Chapitre 5 - Approche phénoménologique et anthropologique des grands systèmes techniques - Alain Gras

Chapitre 6 - Souplesse du quotidien et rigidité dans la crise : l'organisation du travail sur un bateau de guerre - Jean Saglio

Chapitre 7 - La maintenance des avions : une face cachée du macro-système aéronautique - Caroline Moricot

Chapitre 8 - La normalisation de la déviance : une approche d'action située - Diane Vaughan

Yannick Barthe, Le pouvoir d'indécision. La mise en politique des déchets nucléaires, Paris, Economica, Collection Etudes politiques, 2006, ISBN 2-71785-139-9, 240 p.
Comment une question en apparence technique - le devenir des déchets nucléaires - peut-elle se transformer en problème politique ? A quel type d'épreuve les gouvernants se trouvent-ils confrontés lorsque des controverses se déploient dans des situations saturées d'irréversibilités ? Comment discuter de choix "indiscutables" ? L'action politique est-elle impuissante face au poids du passé ? Telles sont les questions qui sont au coeur de ce livre.
Cherchant à combiner les apports de l'analyse de l'action publique et de la sociologie des sciences et des techniques, il retrace la longue carrière du problème des déchets nucléaires et analyse le traitement original dont cette question a fait l'objet de la part des autorités politiques. (plus d'infos)

 

François Duchêne et Christelle Morel-Journel dir., De la culture du risque. Paroles riveraines à propos de deux cours d'eau périurbains, Paris, Editions de l'Aube - Collection Société et territoire, 176 p., ISBN 2-87678-894-2 
"Cet ouvrage analyse la réalité de la notion de culture du risque autour de ruisseaux ordinaires, au régime torrentiel, de l'agglomération
lyonnaise. Une grande question donc, face à un cas particulier, réel, de  proximité.
Forgée dans le champ technique pour que se développe la sensibilité des populations aux dangers qui les menacent, la notion de culture du risque paraît, en effet, faire référence à la culture traditionnelle des riverains de la source de risque. Elle a été produite par des individus, des organisations, habitués à raisonner dans une logique sectorielle, au sens que l'on donne à ce terme quand il s'agit de décrire une organisation administrative.
Le «monde des riverains» est, à l'inverse, enraciné dans l'expérience personnelle et subjective de chacun, dans une perspective de temps long, à l'échelle d'une vie. Il est donc étranger à une approche strictement technique ou réglementaire, centrée sur le temps court et manipulant des éléments ­ apparemment ­ atemporels.
Cette double logique, ici appréciée à l'aune d'une situation concrète, montre qu'un usage non contrôlé (ou trop banalisé) de la notion de culture du risque pourrait empêcher la compréhension des situations concrètes ­ compréhension sans laquelle la gestion proprement dite du risque peut se révéler inopérante ou décalée. Comme quoi à trop en faire, on détruit parfois ce que l'on veut protéger !"
Cet ouvrage, dirigé par François Duchêne, chargé de recherches au laboratoire RIVES (Recherches interdisciplinaires villes, espaces,
sociétés) de l'ENTPE (Ecole nationale des travaux publics de l'État) et Christelle Morel Journel, maître de conférences à l'Université Jean Monnet de Saint-Etienne, a été écrit avec la collaboration de Thierry Coanus et Emmanuel Martinais.
http://www.aube-editions.com/

Pierre Aïach, Marie Marseille Marie, Ivan Theis Ivan, Pourquoi ce lourd tribut payé au cancer ? Le cas exemplaire du Nord-Pas-de-Calais, Rennes, Editions de l'ENSP, 2004, 320 p., ISBN 2-85952-873-3
Pourquoi la population du Nord-Pas-de-Calais paie-t-elle un si lourd tribut au cancer? Telle était la question centrale de l'action A10 du programme régional de santé Cancer «Challenge», à laquelle cet ouvrage apporte des éléments de réponse. Au-delà du cas particulier du Nord-Pas-de-Calais, elle concerne l'ensemble de la population française confrontée à un mal dont le poids ne cesse de croître: le cancer.
Le Nord-Pas-de-Calais est particulièrement touché par ce mal pour des raisons qui tiennent à sa structure sociale , à des conditions et modes de vie favorisant la présence et les effets des principaux facteurs de risque connus du cancer: alcoolisme, tabagisme, mauvaise alimentation, matières cancérogènes dans l'environnement et surtout dans le cadre de travail. Mais les autres régions le sont également, et de plus en plus, en raison de la place grandissante du cancer dans une situation sanitaire qui toutefois s'améliore dans son ensemble, si l'on en juge par la baisse continue de la mortalité générale.
Sur ce qui apparaît donc comme un problème majeur de santé publique , cet ouvrage réunit les contributions d'auteurs issus de champs disciplinaires très divers: anthropologie (Annie Hubert), économie (Thérèse Lebrun, Jean-Claude Sailly, Philippe Lardé), géographie (Isabelle Roussel, Pierre-Jean Thumerelle), histoire (Jean-Paul Barrière), nutrition (Jean-Michel Lecerf), oncologie (Jacques Bonneterre, Catherine Herbert, Jean-Louis Lefebvre), psychologie sociale (Loïc Cloart, Alain Liekens, Jean-Jacques Lottin), santé publique (Philippe Macquet, Marie Marseille, Ivan Theis), sociologie (Pierre Aïach, Josette Brassart, Siegfried Geyer, Annie Thébaud).
http://editions.ensp.fr/Accueil.asp?http://editions.ensp.fr/Scripts/Editions.bs?bqAction=Show&bqRef=247

Arlette Bouzon, La place de la communication dans la conception de systèmes à risques, Paris, L'Harmattan, collection Communication des Organisations, novembre 2004, 242 pages,  ISBN : 2-7475-6919-5
Le projet de conception représente une situation de travail éphémère dans laquelle un groupe d'individus, soumis à des contraintes de ressources et de délais, tente de conceptualiser un objet répondant à des attentes plus ou moins explicites. De nombreux tâtonnements seront ainsi nécessaires avant qu'un prototype de centrale nucléaire, d'avion, de satellite ou d'usine chimique... n'émerge, généralement fort éloigné de ses premières épures. En tant que situation incertaine et évolutive, il invite à poser la question de la place de la communication dans ce processus de création collective. Comment des acteurs sociaux, dont les points de vue et les intérêts divergent, peuvent-ils collaborer et rendre leurs conduites signifiantes ? Outre l'acquisition de connaissances, la conception recouvre un processus de prise de décisions qui restreint au fur et à mesure le champ des possibles. Mais comment la décision est-elle prise ? Est-elle le fruit d'une démarche rationnelle ou intervient-elle en réaction à un contexte mouvant, en faisant l'objet de justifications a posteriori ? Ce processus tente égaiement de rendre acceptables, ou du moins supportables, les risques inhérents à l'innovation qui ne sont généralement pas confinés à l'intérieur des frontières de l'entreprise. Quelles sont les actions menées pour les rendre acceptables ou du moins supportables ? S'appuyant sur une enquête de terrain menée au sein d'équipes de projets spatiaux, cet ouvrage s'interroge sur le rôle de la communication dans la conception de systèmes complexes à risques.
http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=18297

Marcel Calvez, La prévention du sida. Les sciences sociales et la définition des risques, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2004, 196 p. ISBN : 2-86847-980-4
Entre 1985 et 1997, les sciences sociales ont contribué de façon importante aux recherches sur la prévention du sida par les enquêtes sur le comportement sexuel, par la mesure régulière de l'état des connaissances et des opinions et par des recherches qualitatives sur les perceptions et les représentations. Ces recherches élaborent une définition des risques du sida. L'ouvrage a pour objet la contribution que les sciences sociales apportent à la définition des risques. Il vise à analyser la formation d'un domaine spécialisé de sciences sociales dans le contexte d'une politique de santé publique en se demandant comment les objectifs de cette politique sont traduits dans les connaissances produites. Il s'interroge également sur la façon dont les sciences sociales se saisissent de questions de santé publique. Il cherche ainsi à rendre compte des contenus que le risque acquiert dans ces relations entre les sciences sociales et la santé publique. L'ouvrage présente le contexte médical et institutionnel de mise en place d'un programme de recherches en sciences sociales. Il analyse les recherches majeures qui ont été menées en lien avec des objectifs de prévention. Il montre comment la définition des risques qui en résulte délaisse la transmission du virus pour se centrer sur l'individu et ses représentations et la rapporte aux enjeux de l'articulation avec la santé publique. Il analyse ainsi la façon dont les sciences sociales se sont saisies des questions posée par le sida et les ont construites en objet de connaissance dans la perspective de contribuer à l'intervention publique. Il contribue également à capitaliser l'expérience de recherche acquise sur la prévention du sida dans une perspective plus générale de contribution de sciences sociales à la santé publique et à la gestion des risques. http://www.uhb.fr/pur/presida.html

  Michel Setbon, Risques, sécurité sanitaire et processus de décision, Paris, Elsevier, Coll. Médecine des risques, 2004, ISBN : 2-84299-581-3, 178 pages
Les risques sanitaires sont devenus un sujet récurrent de controverse sociale, de débat scientifique et d'intervention publique. Sida, vache folle, amiante, OGM, rayonnements ionisants et autres légionelloses représentent autant de phénomènes qui ont pour dénominateur commun leur qualification publique de risque sanitaire. Le récent développement de la sécurité sanitaire comme champ spécifique de la santé publique est venu faire écho à une explosion de la demande sociale de protection contre tous les dangers et risques, qui semble caractériser nos sociétés modernes. Discerner les risques représentant une réelle menace pour les populations concernées et déterminer les mesures appropriées capables d'en prévenir l'extension représentent l'enjeu central permanent auquel se trouve confronté ce nouveau dispositif. Les processus de décision organisés autour d'une expertise scientifique mandatée par les gestionnaires politiques en représentent l'étape clé.
L'ouvrage expose les résultats d'une recherche collective portant sur huit processus de décision initiés pour répondre à des dangers ou à des risques relevant des trois secteurs concernés : le système de santé, l'alimentation et l'environnement. Il s'agissait, après avoir identifié les principaux éléments, d'en déterminer les variables et les logiques structurantes, ainsi que le degré de cohérence entre la connaissance produite et l'action décidée. Il a été ainsi possible de vérifier dans quelle mesure les conclusions de l'expertise se retrouvaient dans les décisions prises, d'identifier les facteurs de divergence et, plus largement, de rendre compte des voies par lesquelles se construit l'action publique face aux risques sanitaires.

Françoise Rudetzki, Triple peine, Paris, Calmann-Levy, janvier 2004, ISBN 2-7021-3394-0, 356 p.
Ouvrage écrit par la fondatrice de SOS Attentats retraçant son histoire et ses combats personnels et la mobilisation et l'action à travers SOS Attentats.
"Maintes fois opérée et greffée, elle se bat pour survivre, pour marcher à nouveau, pour vaincre son handicap. Puis, prenant conscience de l'indifférence dans laquelle se débattent les victimes du terrorisme, elle se mobilise pour les autres en fondant S.O.S. Attentats. L'indemnisation garantie par l'État, c'est elle. Le statut de victime civile de guerre dans les cas de terrorisme, c'est elle.La prise en charge psychologique des traumatisés, c'est elle. Le combat incessant pour faire prévaloir la justice et la morale dans les juridictions du monde entier, c'est encore elle.
Les politiques la respectent, mais la trouvent souvent encombrante, pour ne pas dire gênante elle perturbe les petits arrangements diplomatiques avec certains pays et empêche de passer l'éponge sur les souffrances des victimes au nom de la raison d'État, comme ce fut longtemps le cas avec la Libye dans l'affaire de l'attentat contre le vol UTA.
(...) Triple peine est un livre bouleversant qui retrace, en termes simples mais extraordinairement éloquents, le calvaire d'une femme d'exception et son combat acharné contre ce summum de lâcheté et d'inhumanité qu'est le terrorisme, et pour que justice soit rendue. "(extrait 4e de couverture)
Voir la note de lecture détaillée et très stimulante de Patrick Lagadec sur cet ouvrage, sur le site de Patrick Lagadec : http://www.patricklagadec.net/fr/pdf/triple_peine.pdf

Nicolas Dodier, Leçons politiques de l'épidémie de sida, Paris, Editions de l'EHESS, Coll. Cas de figure, novembre 2003, ISBN : 2-7132-1814-4, 360 pages
http://www.ehess.fr/html/html/393.html
Rarement le monde médical aura été en France aussi publiquement conflictuel qu'avec l'épidémie de sida, dans la rue, dans les médias, au Parlement, dans les conférences internationales ou dans les tribunaux. Pourquoi ces controverses et quels enseignements en tirer ? De l'affaire de la ciclosporine aux querelles internationales autour des brevets de médicaments, du choc qu'a constitué le début de l'épidémie pour le mouvement homosexuel jusqu'à la crise des antiprotéases, peut-on transformer ce tumulte en un récit intelligible, en une histoire politique du sida? Au-delà du caractère foisonnant des épisodes, au-delà de la complexité de chacun d'entre eux, une dynamique d'ensemble se dégage, qui les traverses tous. Car ces disputes, loin de n'être qu'un bruit de surface, révèlent, pour peu qu'on sache les lire, des transformations essentielles de notre société, au carrefour de la médecine, de la science et du capitalisme.
Sommaire
Avant-propos. le bruit des controverses et le mouvement de l'histoire
1. Qu'est-ce que le travail politique ?
2. Avant que ne survienne le sida

Première partie. L'enclavement de la modernité thérapeutique
3. La mise en place de la cause moderne-libérale
4. le monde médical entre deux formes politiques
5. L'avènement des institutions de la modernité thérapeutique
6. Contestation et enclavement des nouvelles institutions

Deuxième partie La subversion de la modernité thérapeutique
 7. Confrontation médicales dans le monde des essais contrôles
8. Des malades défendent leur cause

Troisième partie Le durcissement de la lutte contre les marges
9. Le règne de l'éthique légale
10. Les poursuites contre les thérapeutiques dissidentes

Quatrième partie. La réinscription de la cause du sida en France et dans le monde
11. Crise et convention de ka mobilisation collective
12. le choc des universalismes

Conclusion:  Les nouveaux horizons du travail politique

Gérard Koenig,  Florence Allard-Poesi, Bénédicte Vidaillet, Hervé Laroche, Christophe Roux-Dufort, Le sens de l'action. Karl Weick : sociopsychologie de l'organisation, Paris, Vuibert, 2003, 183 p., ISBN : 2-7117-6972-0
http://www.vuibert.com/cat147.html
Comment l'action se forme-t-elle dans les organisations ? Quel sens, quelle forme, quelle direction est-elle susceptible de prendre ? Pourquoi a-t-elle si souvent dans l'entreprise des conséquences inattendues et originales ? Pourquoi certaines équipes sont-elles capables d'improviser et d'inventer de nouvelles actions nourries par leur expérience alors que d'autres se contentent de réagir ou de répéter ce qu'elles connaissent ? Pourquoi certaines entreprises sont-elles extrêmement fiables, malgré l'importance des enjeux et la complexité des technologies auxquels elles sont confrontées, quand d'autres ne résistent pas à l'imprévu ? Comment comprendre que certaines organisations s'effondrent, parfois soudainement ? Ce sont quelques-unes des questions auxquelles ce livre tente de répondre. En particulier, c'est la problématique du sens de l'action dans l'organisation, qui est ici principalement explorée. Le sens de l'action renvoie à la fois : à la direction, imprévisible et indéterminée, mais non aléatoire, que prend le processus de déploiement de l'action ; à la signification que l'individu va donner à ce processus ; enfin, selon l'acception courante de l'expression " avoir le sens de l'action ", à la capacité à agir, à produire une action propre, par opposition à l'inertie ou à la simple réaction. Pour explorer cette problématique, nous avons largement mobilisé les conceptions de Karl Weick, chercheur américain qui a renouvelé la compréhension des organisations en s'intéressant aux processus par lesquels se construit le sens dans celles-ci. Original tant au niveau des concepts que de la démarche de recherche ou de l'écriture, Karl Weick, bien que disposant d'une très grande notoriété outre-atlantique, était resté peu accessible en France. Cet ouvrage vise à diffuser les apports de ce chercheur et à susciter de nouvelles perspectives pour tous ceux qui s'intéressent aux organisations, qui travaillent en leur sein et qui sont quotidiennement confrontés à leur complexité.
Sommaire
OUTILS ET MATERIAUX.
· L'organisation dans une perspective interactionniste.
· Exercice de sensemaking.
· Mann Gulch, l'organisation et la nature fantastique de la réalité.
BRICOLAGES.
· Sens collectif et construction collective du sens.
· Lorsque les dirigeants formulent leurs préoccupations : une occasion particulière de construire du sens.
· La construction d'une théorie de la fiabilité organisationnelle

Pascal Trompette, L'usine buissonnière. Une ethnographie du travail en monde industriel, Toulouse, Octares Editions, 2003, 195 p., 
http://www.octares.com/pages/livre.php?idlivre=90
"« Le matin, je me lève, je pense à ce que je vais faire après le travail » évoque l'ouvrier à propos de son quotidien. « Mais après, je rentre là, c'est la routine, je marche, je pointe, on ne sait pas ce qu'on fabrique. » Nous voici au seuil d'un atelier du nucléaire dans lequel la vaste machinerie disciplinaire du travail semble au premier abord ne laisser échapper aucune forme d'autonomie. Il suffit pourtant de se laisser peu à peu emporter dans le cours ordinaire de la vie usinière pour découvrir la face cachée du quotidien du travail : celle des affects, des éthiques, des sens différentiels de l'honneur qui animent les interactions conflictuelles de la vie d'atelier ; ou encore celle des rêves d'ailleurs, des sécessions imaginaires, de la vie hors-travail venant dissiper l'organisation productive.
A partir d'une longue enquête ethnographique, l'auteur nous invite à explorer la vie sociale d'une usine nucléaire implantée en milieu semi rural. Sur un mode impressionniste, cette ethnographie industrielle explore la rencontre entre une histoire d'entreprise et des histoires de vies, les échanges sociaux autour du travail, la transformation des identités sociales d'un monde ouvrier. Des cultures d'atelier aux jeux d'alliance entre dirigeants et syndicalistes, l'exploration du système d'échange associé à la relation de travail décrit une relation « totale », « socialement saturée », irréductible à la seule dimension économique. Elle pose ainsi les bases d'une nouvelle anthropologie de la relation salariale au sein du monde industriel contemporain."

Christine Noiville, Du bon gouvernement des risques. Le droit et la question du "risque acceptable", PUF, Les voies du droit.

Amiante, vache folle, sang contaminé, OGM : le risque écologique et sanitaire est au cœur de nouvelles mésententes entre les citoyens et les institutions. Il n'en finit pas de compliquer l'exercice de l'action publique, de conforter la judiciarisation de la société tout en fragilisant la paix sociale et la pérennité des activités économiques. De là l'idée, souvent déplorée, d'une aversion croissante des individus pour le risque, qui serait devenu purement et simplement inacceptable. Et s'il fallait plutôt voir là l'expression d'une légitime exigence, la définition d'un mode efficace et responsable de gouvernement ? Alors que le XXe siècle s'organisait autour d'un contrat stipulant que le risque serait acceptable à la condition qu'il soit indemnisable, notre époque paraît ne plus se satisfaire de cette fragile transaction. Il convient désormais de remodeler les institutions, de concevoir les mécanismes de prévention et de précaution, de préciser les procédures et les critères au regard desquels un risque, qui s'avérera peut-être plus tard intolérable, mérite aujourd'hui d'être couru. En somme, il s'agit de définir les conditions auxquelles la gestion publique des risques est acceptable. C'est dire si l'exercice appelle une réflexion du droit sur lui-même, sa fonction, ses techniques. Il invite à concevoir des solutions pragmatiques, qui soient compatibles avec nos engagements supranationaux (issus du droit de l'Union européenne et de l'OMC). Il conduit à redéfinir sans angélisme la part revenant à chacun - individus, entreprises, autorités publiques - dans l'exercice de la décision comme dans l'attribution des responsabilités. A travers la question du gouvernement des risques, c'est en définitive la légitimité même de l'action de l'autorité publique qui est en jeu.

Francis Chateauraynaud, Prospéro. Une technologie littéraire pour les sciences humaines, Paris, CNRS Editions, 2003, 406 p. 35 Euros, ISBN : 2-271-06133-4

Qu'est-ce que bien connaître un dossier ? Comment dégager l'essentiel, sans perdre le sens des détails, quand les réseaux de communication rendent accessibles de grandes quantités d'informations et que l'on parle de " management des connaissances " ? Comment, face à une telle prolifération de textes et d'énoncés, reconnaître l'information pertinente pour étayer ou invalider des intuitions personnelles et trancher entre plusieurs interprétations possibles ? Autant de questions auxquelles l'auteur tente d'apporter des réponses. Se proposant de partir des affaires, des controverses et des crises qui jalonnent nos sociétés, Francis Chateauraynaud développe une nouvelle manière d'aborder l'analyse des dossiers complexes. Cette démarche passe par la création d'une technologie littéraire, concrétisée par le logiciel Prospéro, qui repose sur des formes de coopération inédite entre interprètes humains et procédures informatiques. Au lieu d'opposer des traitements automatisés à des " lectures " individuelles ou collectives, Prospéro les fait travailler de concert, aidant l'interprète à élaborer ses prises à partir des espaces de variation fournis par les textes eux-mêmes. La présentation des concepts et des techniques utilisés est l'occasion de confronter les régimes cognitifs instaurés par la statistique, la linguistique ou l'intelligence artificielle, avec les enjeux de la sociologie et de l'histoire contemporaines. Prolongeant la discussion théorique à travers différentes épreuves empiriques, ce livre convoque toute une gamme d'applications qui vont des polémiques divisant les intellectuels (Louis-Ferdinand Céline, affaire Sokal) aux grands dossiers concernant les risques collectifs (dossiers de l'amiante, du nucléaire ou du prion), en passant par les affaires judiciaires ou politiques (affaire de la Mnef ou mouvements des sans-papiers).

Olivier Godard, Claude Henry, Patrick Lagadec et Erwann Michel-Kerjan, Traité des nouveaux risques - Précaution, crise, assurance, Paris, Gallimard, Folio-Actuel

Au-delà des dénonciations de la technologie prométhéenne, s'appuyant sur les acquis de la recherche économique et d'autres disciplines des sciences sociales, cet ouvrage pionnier rassemble les pièces d'un puzzle dispersé. le motif en est clair : dégager les axes de gouvernance des nouveaux risques.
Celle-ci repose sur trois piliers qui organisent le panorama offert : la précaution - de la théorie du risque à celle des régimes politiques dans un univers à la fois non probabiliste et controversé ; la prévention et la gestion de crises - dont les traits saillants sont montrés à partir de trois cas exemplaires : la contamination criminelle d'un produit pharmaceutique ; la destruction du réseau électrique québécois en 1998 ; l'épidémie de la vache folle au Royaume Uni ; l'assurance des risques à grande échelle (désastres naturels, catastrophes technologiques et terrorisme de masse) qui, avérés ou potentiels, bouleversent l'économie de l'assurance.
Pourquoi un traité ? La raison en est que si l'on veut éviter le désarroi des responsables, la défiance des citoyens et que ne se creuse le fossé entre décideurs et société, la gouvernance des nouveaux risques doit désormais s'apprendre et s'enseigner.

Patrick Lagadec, Xavier Guilhou, La fin du risque zéro, Paris Eyrolles Société-Editions d'organisation, 2002

Avec complaisance, l'opinion occidentale s'était comme repliée ces dernières décennies dans une « niche » bien en retrait : celle du risque zéro. Peut-être d'ailleurs cette doctrine aura-t-elle marqué ce moment étrange de la chute du mur de Berlin, qui nous laissait face à un grand vide. Pourtant, une série d'événements graves (Tchernobyl, Rwanda, vache folle, 11 septembre,Toulouse…) et des avenirs incertains ont sonné le retour de l'Histoire. Ce phénomène récurrent se retrouve en permanence dans les grands débats d'idées depuis des siècles. Loin de nous paralyser, le désarroi ressenti doit être fécond en initiatives et en transformations positives. C'est ici l'objet de notre contribution.Ce livre est un cri. Il est né de la volonté d'éclairer avec courage nos contemporains sur des turbulences de grande échelle qui dépassent souvent notre entendement. Ce texte conjugue deux cheminements, celui sur les crises internationales avec Xavier Guilhou et celui sur les crises technologiques avec Patrick Lagadec. Leur message est clair : il faut faire émerger de nouvelles logiques de vie et de développement durable. Entre arrogance et indolence, saurons-nous remettre en question l'intangibilité de nos frontières mentales et géographiques ? Les analyses et les propositions avancées dans La fin du risque zéro sont enrichies de questions posées à Laurence Tubiana (Développement durable), Michel Séguier (Sud / Nord), Françoise Rudetski (Terrorisme), William Dab (Santé publique), Philippe Baralon (Alimentation), Dominique Dormont (Experts), et Bertrand Robert (Crises).

Jacques Drucker, Les détectives de la santé- Virus, bactéries, toxiques : enquêtes sur les nouveaux risques,  Paris,Ed. Nil, 2002.
Peut-on encore manger, respirer, faire l'amour, travailler, voyager sans prendre le risque d'ingurgiter un prion en folie, d'inhaler des particules cancérigènes, de contracter un virus mortel ou de véhiculer les bactéries d'une peste nouvelle ? " Les crises et scandales de santé publique ont bouleversé en dix ans notre perception du quotidien, soudain devenu inquiétant, voire menaçant. Pour nous, les " détectives de la santé ", -médecins et épidémiologistes de l'Institut de veille sanitaire mènent l'enquête. Morts inexpliquées, phénomènes d'hystérie collective, épidémies inconnues : Jacques Drucker nous raconte les investigations de ces détectives pas comme les autres. Pas à pas, il nous guide vers la résolution d'énigmes médicales tant déroutantes que passionnantes, de l'apparition des premiers signes cliniques chez un patient à la résorption de l'épidémie au niveau national. Pour comprendre en profondeur les enjeux actuels en matière de prévention et de sécurité sanitaire.
Une fièvre de cheval.
- Rillettes et bouillon de culture. - Embargo sur le Coca. - Scalpelmania aux Caraïbes. - Alerte sur la ville. - La bataille de l'air - La grippe ou l'éternel retour. - Virus sans frontières et bioterrorisme. - Les bactéries font de la résistance. - Crise de foi(e).

Jean-Pierre Dupuy, Pour un catastrophisme éclairé? Quand l'impossible est certain, Paris, Seuil, 2002.

La catastrophe en surgissant du néant crée du possible en même temps que du réel. Bergson décrit les sensations qu'il éprouva en apprenant la déclaration de guerre de l'Allemagne à la France en 1914 : " Malgré mon bouleversement, et bien qu'une guerre, même victorieuse, m'apparût comme une catastrophe, j'éprouvais [...] un sentiment d'admiration pour la facilité avec laquelle s'était effectué le passage de l'abstrait au concret : qui aurait cru qu'une éventualité aussi formidable pût faire son entrée dans le réel avec aussi peu d'embarras ? Cette impression de simplicité dominait tout. " Or, avant la catastrophe, la guerre apparaissait à Bergson " tout à la fois comme probable et comme impossible. " Ce livre est une réflexion sur le destin apocalyptique de l'humanité. Celle-ci est devenue capable au siècle dernier de s'anéantir elle-même, soit directement par les armes de destruction massive, soit indirectement par l'altération des conditions qui sont nécessaires à sa survie. Le franchissement de ce seuil était préparé depuis longtemps, mais il a rendu manifeste et critique ce qui n'était jusqu'alors que danger potentiel. Nous savons ces choses, mais nous ne les croyons pas. C'est cela le principal obstacle à une prise de conscience, et non pas l'incertitude scientifique dont les théoriciens de la " précaution " nous rebattent les oreilles. L'auteur propose ici une nouvelle façon d'aborder ces questions.

Michel Callon, Pierre Lascoumes, Yannick Barthe, Agir dans un monde incertain. Essai sur la démocratie technique, Paris, Seuil, 2001.

Et s'il fallait enfin tirer les conséquences des crises à répétition que nos sociétés traversent lorsqu'elles sont confrontées aux débordements inattendus des sciences et des techniques ? S'il fallait en finir une bonne fois pour toutes avec la vision héroïque des décisions tranchantes et tranchées que le souverain prend en situation d'incertitude et en toute méconnaissance de cause ? SI Alexandre rengainait son épée, le monde s'effondrerait-il ? Non, mais la démocratie, elle, en ressortirait fortifiée. Tel est le propos des auteurs de ce livre. Ces derniers refusent les traditionnelles oppositions entre spécialistes et profanes, professionnels de la politique et citoyens ordinaires. Ils concentrent plutôt leur attention sur les nouvelles relations entre savoir et pouvoir qui émergent des controverses socio-techniques et sur les procédures inventées pour les traiter. L'enjeu est de taille : faire apparaître les conditions dans lesquelles les sociétés démocratiques vont se rendre capables d'affronter les défis des sciences et des techniques, redéfinir un espace public réunissant non pas des individus désincarnés mais des femmes et des hommes pris dans des histoires singulières. Après l'âge de la démocratie délégative, celui de la démocratie dialogique ?

Alexis Roy, Les experts face aux risques. le cas des plantes transgéniques, Paris, PUF, Collection Partage du Savoir, 2001.

Lors d'une table ronde sur le thème de l'évaluation et de la gestion des risques, Axel Khan, président de la Commission du génie biomoléculaire de 1987 à 1997, termina son intervention sur les risques potentiels liés à la culture des colzas transgéniques en s'exclamant : "ça, c'est l'expertise !". Cet ouvrage se propose d'éclairer ce que recouvre cette laconique affirmation. En étudiant le cas de cette commission, chargée d'évaluer les risques sanitaires et environnementaux relatifs aux organismes génétiquement modifiés (OGM) et en s'appuyant sur les documents internes des grandes firmes agrochimiques concernées (Rhône-Poulenc, AgrEvo, Monsanto), Alexis Roy analyse le rôle de l'expertise scientifique dans le domaine de la gestion des risques. Il reconsidère ainsi la définition traditionnelle du travail des experts, selon laquelle ceux-ci décrivent et les décideurs prescrivent. Au contraire, cet ouvrage s'attache à montrer dans quelle mesure l'expertise, qui se situe à mi-chemin entre la pratique scientifique et la décision politique, joue un rôle bien plus actif, puisqu'elle érige des normes, les hiérarchise, et contribue ainsi à énoncer de nouvelles règles de comportement. Loin des piètres discours diabolisant les experts, cet ouvrage aborde avec rigueur et clarté un domaine de compétences dont les conséquences concrètes ne cessent d'affecter notre vie quotidienne. Il permet ainsi de mieux comprendre l'une des fonctions essentielles de notre monde moderne et contribue à instaurer un dialogue entre le grand public et des instances de décision aussi omniprésentes que trop souvent opaques.

  René Amalberti, La conduite des systèmes à risques, Paris, PUF, Collection Le Travail Humain, 2001, 2nde édition 

La sécurité des systèmes à risques (transports, nucléaire, chimie) n'a jamais été aussi bonne. Malheureusement, ce niveau de sécurité ne progresse plus. Les erreurs humaines sont considérées comme la cause dominante des accidents restants. La thèse du livre est plus subtile. Certains progrès techniques gênent les protections naturelles que développe l'opérateur contre ses propres erreurs. L'opérateur gère en permanence un compromis entre le risque interne qu'il accepte de prendre (lié aux limites de ses capacités intellectuelles), le risque objectif lié au niveau de performance qu'il vise et les conséquences de ces risques pour son intégrité physique et morale (fatigue, stress, épuisement). L'erreur ne peut et ne doit pas être totalement supprimée car elle fait partie des mécanismes de régulation de ce compromis. Mais l'opérateur n'est pas suicidaire, il assume ce compromis en se protégeant, en détectant ses erreurs, en réduisant si nécessaire ses aspirations ; on parle de sécurité écologique. Le livre démonte les mécanismes de cette sécurité écologique et présente une synthèse sans précédent sur la modélisation de l'opérateur et les liens entre erreurs et accidents. Il s'adresse aux étudiants et chercheurs, et vise aussi tous les acteurs de la sécurité, opérateurs, pilotes, décideurs, concepteurs et gestionnaires du risque.

Victor Scardigli, Un anthropologue chez les automates, Paris, PUF, 2001

Pourquoi les "technologies intelligentes et communicantes" prennent-elles une place centrale dans le mode de vie occidental ? Pour éclairer cette question adressée à la société digitale, l'auteur a choisi l'exemple de l'innovation en aéronautique civile. Au terme de dix années d'investigations, associant l'histoire, l'ethnologie et la sémiologie, il montre à quel point l'objet technique -ici l'avion fortement automatisé- exprime la vision du monde de ses créateurs et l'impose aux autres acteurs sociaux. La pensée ingénieur ignore l'expérience intime du temps, de l'espace et du risque vécu par l'usager ; le bureau d'étude se pense comme une communauté investie d'une mission, celle de produire un humain sans défaut, placé dans un univers épuré de tout danger et conflit, presque mathématisé. Certes les pilotes ont réussi, à plusieurs reprises, à imposer une co-invention négociée, qui reconnaît leur expertise de praticiens de la technique. Mais le concepteur tend à choisir "l'actant machinique" au détriment de l'autonomie et de la compétence de l'acteur-usager. ce fil conducteur de l'innovation conduit à une société d'automates et de réseaux. Au seuil du XXIe siècle, s'affirme ainsi une incommunicabilité culturelle, source de conflits entre les concepteurs d'un tel univers digital et les micro-acteurs du quotidien, dépossédés de ce qui fait la valeur de la vie. Le tout technique vient mettre en question la définition plurielle de l'homme, avec son corps et son désir, son intériorité et son lien à une tradition vivante.

Victor Scardigli, Marina Maestrutti, Jean-François Poltorak, Comment naissent les avions. Ethnographie des pilotes d'essai, Paris, L'Harmattan, 2000. (résumé)

Une approche ethnographique de l'aéronautique fait apparaître l'essai en vol comme un rituel purificateur de l'innovation technique. Accoucheurs de la modernité, les pilotes d'essai désensorcellent l'avion à naître en allant explorer les confins de la mort. Ils sont des passeurs de frontière entre des visions du monde des concepteurs et des pilotes de ligne ; entre les certitudes de la physique ou du règlement et les imprévus du monde réel. Ils mettent leur légitimité charismatique au service de l'utilisateur de chaque nouvel outil technique. Dans notre société fascinée par l'ordinateur, ils imposent l'équipage humain comme acteur décisif de la prévention des catastrophes. Mais des bouleversements menacent l'avenir de la sécurité aérienne. Les enjeux économiques considérables favorisent une évolution vers le tout-automate ; la simulation détrône l'épreuve du vol réel ; la science du vol va vers l'industrie, au détriment des centres d'expertise indépendants. Cette étude de cas illustre la fragilité croissante d'une civilisation que l'on voudrait fonder sur le "technologies "intelligentes et communicantes".

René Favier, Anne-Marie Granet Abisset dir., Histoire et mémoire des risques naturels, Grenoble, CNRS-Publications de la MSH-Alpes, 2001

Jusqu'à ces dernières années, les risques naturels auxquels sont confrontés les sociétés ou les individus ne faisaient guère partie des champs privilégiés de la recherche historique. Pourtant, par son ancrage dans la longue durée, par une démarche spécifique d'interrogation, de critique, d'analyse des sources mais aussi par des perspectives et des problématiques nouvelles, celle-ci permet une meilleure compréhension des réactions des sociétés face aux risques encourus et aux catastrophes subies. Pour être pleinement opérationnel, l'enseignement tiré de la connaissance du passé doit en premier lieu être complété par une analyse des rapports des populations avec la mémoire et l'oubli des aléas. Il convient de déterminer comment et pourquoi une communauté retient et oublie, transmet ou modifie le souvenir d'évènements exceptionnels ainsi que les solutions adoptées au cours du temps pour y faire face. Dans cette perspective, les représentations que ces populations se font de cette situation de crise comptent autant que les faits eux-mêmes. Au cours des dix dernières années, les territoires de montagne ont fait l'objet d'un nombre toujours plus nombreux d'enquêtes et de travaux, dont certains particulièrement novateurs. Faire le point sur cette recherche historique et confronter les résultats avec les approches de spécialistes d'autres disciplines des sciences humaines (économistes, géographes, sociologues, juristes), tel a été l'objectif du premier séminaire international sur l'histoire des risques naturels organisé par l'équipe HESOP/CRHIPA de la MSH-Alpes. Précédées d'une préface de Jean-François Bergier et d'une introduction de Philippe Joutard, les contributions ont été regroupées autour de trois entrées : Jacques Berlioz, Grégory Quenet, Anne-Marie Granet-Abisset, Patrick Pigeon et Bruno Helly abordent les approches méthodologiques du concept de risques naturels ; Denis Cœur, Sylvain Gache, Miha Pavcek et Christian Pfister la question des hommes face aux risques ; Selma Leydesdorf, Adeline Miranda, Christian Abry et Philippe Schoeneich celle des récits et représentations. Dans un champ de recherches désormais investi par les historiens, ces actes constituent une contribution de première importance à la réflexion collective sur la question des risques naturels.
Acquisition : CNRS-MSH-Alpes

Patrick Peretti-Watel, Sociologie du risque, Paris, Armand Colin, 2001

La notion de risque a aujourd'hui fait fortune. Remontant au XIVe siècle, le mot est à présent utilisé pour désigner des phénomènes aussi disparates que les OGM, la vache folle, la radioactivité autour de La Hague, le sida ou les accidents de la route... Le risque, devenu social, technologique, écologique, sanitaire, a son vocabulaire : majeur ou diffus, choisi ou subi, maîtrisé ou "managé" ; est ses professionnels : ingénieurs mais aussi économistes, psychologues et sociologues. Pour certains d'entre eux, là réside l'originalité des sociétés contemporaines, qui seraient des "sociétés du risque".
L'ouvrage, qui retrace l'émergence de la notion, s'interroge sur la construction contemporaine du risque : Est-il aussi moderne qu'on le dit ? La perception des risques échappe-t-elle aux influences sociales et culturelles ? Évidemment non. Toutefois, si les inquiétudes du public ne se calquent pas sur celles des experts (qu'il s'agisse du nucléaire ou de la vache folle par exemple), elles n'en sont pas pour autant irrationnelles. Ainsi l'auteur souligne la rationalité propre aux perceptions et aux comportements individuels et, en retour, interroge les catégorisations "objectives" des experts, qui désignent des comportements et des groupes "à risques".

  Patrick Lagadec, Ruptures créatrices, Paris, Editions d'Organisation, Collection Tendances, 2000.
"Mutations industrielles et financières, déstructurations géostratégiques, fulgurances technologiques, trous noirs en santé publique, implosions d'ensemble humains, perte des repères fondateurs en tous domaines... Les ruptures impriment leur marque au siècle qui commence. Le défi : de l'intelligence à reconstruire, des références culturelles à forger, des principes d'action à refonder, du débat collectif à réinventer. De grands témoins ont accepté de partager questions, mises en garde, suggestions positives. Ces paroles d'expérience, rapportées d'univers très différents, ont en commun l'essentiel : la volonté de questionnement, la recherche de réponses opérationnelles, la quête de sens personnel et collectif.
Un ouvrage qui propose des clés d'analyse et de stratégie pour que notre entrée dans ces univers -certes déstabilisants mais porteurs d'ouvertures inédites- se fasse sous le signe des ruptures créatrices."

  Mathilde Bourrier, Le nucléaire à l'épreuve de l'organisation, Paris, PUF, Le travail Humain, 1999

Ce livre présente une étude sociologique de l'organisation du travail dans quatre centrales nucléaires en France et aux Etats-Unis. L'argument défendu est que ces organisations, dites "à hauts risques", bien loin de constituer des curiosités sont profondément "banales" : en particulier, elles produisent les dysfonctionnements classiques qu'une longue tradition de recherches en sociologie des organisations a déjà identifiés. L'auteur en conclut qu'il est nécessaire de penser conjointement la fiabilité et la conception organisationnelle afin d'enterrer la dichotomie confortable entre technologie et organisation. Ainsi pourra-t-on donner la place qui leur revient aux questions d'organisation dans les débats actuels sur la conduite des organisations "à haut risque". Ce livre s'adresse non seulement aux spécialistes du domaine du risque mais aussi à ceux intéressés par l'analyse des organisations. Les étudiants en sociologie et en ergonomie trouveront une présentation inédite des théories de la fiabilité organisationnelle. Les industriels et les institutions chargés de la conception, du fonctionnement et du contrôle de ces installations y trouveront également matière à réflexion, tout comme les citoyens préoccupés des risques industriels.

 

  Francis Chateauraynaud, Didier Torny, Les sombres précurseurs. Une sociologie pragmatique de l'alerte et du risque, Paris, Editions de l'EHESS, 1999

Parmi les actes ouvertement tournés vers autrui, le cri d'alarme occupe une place privilégiée. En s'intéressant aux procédés par lesquels des "lanceurs d'alerte" s'efforcent de faire reconnaître un danger, cet ouvrage interroge nos catégories de l'action et de la décision. En effet, l'alerte prend forme sur fond de vigilance et de participation au cours des choses. Elle naît de l'attention aux signes précurseurs et convoque des expériences marquantes, des précédents, qu'elle relie à un avenir proche ou lointain, en faisant de l'acte présent une épreuve de réversibilité, une source possible de prise sur le futur. Trois dossiers, développés ici de manière détaillée, illustrent cette problématique de l'alerte : le dossier de l'amiante, marqué par une "période muette" de près de quinze ans, cruellement exemplaire d'une perte de prise collective; celui de la radioactivité qui n'a pas fini de défrayer la chronique avec la gestion des déchets nucléaires; et enfin celui des maladies à prions dont le rebondissement spectaculaire, avec la "crise de la vache folle", témoigne de l'invention de nouvelles formes de vigilances face aux risques d'un monde en réseaux.

 

Bruno Latour, Politiques de la nature. Comment faire entre les sciences et la démocratie, Paris, La Découverte, 1999.

Comment combler le fossé apparemment infranchissable séparant la science (chargée de comprendre la nature) et la politique (chargée de régler la vie sociale), séparation dont les conséquences -affaires du sang, de l'amiante, de la vache folle...- deviennent de plus en plus catastrophiques ? L'écologie politique a prétendu apporter une réponse à ce défi. Mais après de fracassants débuts, elle peine à renouveler la vie publique... Dans ce livre qui fait suite à Nous n'avons jamais été modernes (La Découverte, 1991), Bruno Latour propose une nouvelle façon de considérer l'écologie politique.
La nature a toujours constitué l'une des deux moitiés de la vie publique, celle qui rassemble le monde commun que nous partageons tous, l'autre moitié formant ce que l'on appelle la politique, c'est-à-dire le jeu des intérêts et des passions. D'un côté ce qui nous unit, la nature, de l'autre ce qui nous divise, la politique. Et c'est pourquoi il est faut de prétendre que le souci de la nature caractériserait l'écologie politique : car à cause des controverses scientifiques qu'elle suscite, à cause de l'incertitude sur les valeurs qu'elle provoque, elle oblige à abandonner la nature comme mode d'organisation publique. La question devient donc : comment penser enfin la politique sans la nature ? Pour Bruno Latour, la solution repose sur une profonde redéfinition à la fois de l'activité scientifique (à réintégrer dans le jeu normal de la société) et de l'activité politique (comprise comme l'élaboration progressive d'un mode commun). Ce sont les conditions et les contraintes de telles redéfinitions qu'il explore avec une grande rigueur dans cet ouvrage important. A la croisée de la philosophie des sciences et de la philosophie politique, ce livre s'adresse à ceux qui s'intéressent à l'écologie, aux controverses scientifiques, au rôle des experts dans les débats publics et, plus généralement, à ceux qui estiment que la question de la démocratie doit s'étendre aux sciences elles-mêmes.

Revue SEVE (Santé, Enjeux, Visions, Equilibres), n°5, hiver 2004, "Justice et santé"
http://www.editionsdesante.fr/SiteEDS.nsf/AGdefaultRevuesSEVE?OpenFrameSet
- L'évolution des rapports justice-santé
M.-O. Bertella-Geffroy, pp. 21-30
- L'exemple américain
J. Drucker, M. Faessel-Kahn, pp. 31-38
- La judiciarisation de la médecine, mythe et réalité
L. Helmlinger, D. Martin, pp.39-46
- Les conséquences de la judiciarisation de la médecine sur la pratique médicale
J. Lansac, M. Sabouraud, pp. 47-56
- Le juge constitutionnel et la maîtrise des dépenses de santé
R. Pellet, pp. 57-64
- Les juges et la fin de vie
F. Dreifuss-Netter, pp. 65-75

Revue Européenne des sciences Sociales - Cahiers Vilfred Pareto, "Les Usages de la précaution", , tome XLII, n°130, 2004 sous la direction de Mark Hunyadi,dans le cadre du travail du RIBios, Réseau interdisciplinaire sur la biosécurité, Genève (http://www.ribios.ch/) Préface - "Les rêves de la raison" - Jean-Pierre Dupuy

I. Théories de la précaution

La logique du raisonnement de précaution, M.Hunyadi,  - 9
Pour une approche évolutive de la précaution, F van Griethuysen - 35

II. Les risques à l'heure de la précaution

De l'utilisation de la notion de risque dans le débat public sur les biotechnologies, B. Bordogna Petriccione - 73
De la gestion à la négociation des risques. Apports des procvédures participatives d'évaluation des choix technologiques, A. Kaufmann, H. Perret, B. Bordogna Petriccione, M. Audétat, Cl. Joseph  -109
Disséminations expérimentales d'OGM en France et en Suisse : évolution du débat public, H. Perret, B. Bordogna Petriccione, A. Kaufmann, M. Audétat, Cl. Joseph - 121
Risques, assurance et irréversibilité, A. November et V. November - 161
Responsabilité et biotechnologie, Ph. Cullet - 181

III. La précaution in vivo

Rationalité économique et logique de précaution : quelle compatibilité ?, P. van Griethuysen -  203
Le codex alimentarius, le Protocole de Carthagena et l'OMC : une relation triangulaire en émergence ?, MM. Mbengue et UP Thomas  - 229
Plantes transgéniques en agriculture et principe de précaution : le rôle, l'expérience et le point de vue d'un acteur suisse du débat, N. Delabays et P. Malnoë - 249
Nouvelles firmes, nouvelles stratégies ? La stratégie d'innovation de Syngenta, MA Quezada, - 259
Annexe
Les impacts des plantes transgéniques dans les pays en voie de développement et les pays en transition, M. Saam, B. Bordogna Petriccione et A. November, - 295

Revue Internationale de Politique comparée, "Les politiques des risques en Europe", vol.10, n°2
http://ripc.spri.ucl.ac.be/fr/sommaires/vol10-2.htm

Avant-propos Les politiques des risques en Europe
      
Pierre Lascoumes, Claude Gilbert (coordonateurs du numéro)
Complexité et trajectoires d'apprentissage dans l'action publique. Les instruments de gestion durable des ressources en eau en France et au Royaume-Uni.
Jean-Pierre Le Bourhis
L'information environnementale : nouvel instrument de régulation politique en Europe ?
Thierry Lavoux
La participation contre la mobilisation ? Une analyse comparée du débat sur les OGM en France et au Royaume-Uni.
        Pierre-Benoit Joly, Claire Marris
L'évolution des opinions sur les biotechnologie dans l'Union européenne.
       Daniel Boy
Crises, acteurs politiques et changement institutionnel, un nouveau système de gestion des risques alimentaires en Grande Bretagne ?
       Thomas Alam
Une interprétation de la constituion de l'ESB comme problème public européen
        Marc Barbier

SEVE (Santé, Enjeux, Visions, Equilibres), « Santé, où sont les pouvoirs ? », n°1, 2004
http://www.editionsdesante.fr/SiteEDS.nsf/0/675fa193ae2bcec8c1256e270032ec86?OpenDocument

L. Murard
, P. Zylberman : Le ministère de la santé publique 1920-1945

D.Tabuteau : Les agences sanitaires.

R. Langlet
, B. Topuz : Santé publique et pouvoir politique face aux lobbies industriels.

P. Lascoumes
: L'usager, acteur fictif ou vecteur de changement.

J.P. Dumont
: Les conflits de pouvoir à l'hôpital.

J.P. Durand
: Les nouveaux pouvoirs de la santé.

G. Johanet : Les pouvoirs de blocage dans le monde de la santé.

G. Badou : La fin de l'immunité médiatique.

Un Entretien avec une personnalité extérieure au système de santé qui pose un regard différent sur les questions de santé. Pascal Bruckner est le premier invité de ces entretiens.

Revue française d'administration publique, "L'administrateur et l'expert", n° 103, 2003 http://www.ena.fr/ena.php?Id=004025011&profil=

Problématique générale et enjeux
       Marie-Françoise BECHTEL
L'expertise, de la recherche d'une action rationnelle à la démocratisation des connaissances et des choix
       
Pierre LASCOUMES
Quel statut pour l'expert ?
        Rafaël ENCINAS de MUNAGORRI
L'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques : le politique et l'expertise scientifique
        Claude BIRRAUX
L'évaluation britannique du risque de transmission de la maladie de la vache folle aux humains
         Eve SEGUIN, 
Leçons tirées du maintien de l'embargo sur le bœuf britannique en 1999
        
Olivier GODARD,
Risques, expertise, décision publique : un retour sur le sens des mots
        Jean-François GIRARD
La réception de l'expertise par le ministère de l'agriculture : la prise de décision
        Catherine GESLAIN-LANEELLE
Intégrer savoirs et opérations : la stratégie de la Banque mondiale
          François LACASSE
L'exemple de la SNCF
          Jacques FOURNIER, Jacques SAURET
La sécurité routière
        Isabelle MASSIN

Cahiers Internationaux de Sociologie "Faut-il une sociologie du risque ? "; volume 114, année 2003  http://puf.ornis.fr/revue.php?revue=TF

La modernité du risque
    
Alain BOURDIN ;
La société du risque globalisé revue sous l'angle de la menace terroriste
     Ulrich BECK ;
Deux conceptions divergentes de l'expertise dans l'école de la modernité réflexive
 
Florence RUDOLF
La fabrique des risques
    
Claude GILBERT
Confiance et rationalité de la méconnaissance des risques dans la (co)propriété
Marie-Pierre LEFEUVRE
La force des dispositifs faibles : La politique de réduction des risques en matière de drogues
      Jean-Yves TREPOS
L'insécurité et son traitement politique en Belgique
       Christine SCHAUT
Interprétation et quantification des prises de risque délibérées
       Patrick PERETTI-WATEL
Théorie de la décision et risques routiers
       Claudine PEREZ-DIAZ
Guerre et sociologie du risque
       Rémi BAUDOUÏ
L'expertise scientifique à destination politique
       Céline GRANJOU

Santé et Travail, n°42 dossier spécial, janvier 2003

Explosion d'AZF-Grande Paroisse : la sous-traitance pointée du doigt

     Nathalie Quéruel

Prévention dans les industries à risque : faire valoir le point de vue du travail

     Ghislaine Doniol-Shaw
Politique de sécurité dans les entreprises : « L'étrange banalité des accidents »

    Interview de Michel Llory, par Roger Lenglet

Modèles organisationnels : comment concilier écart de procédure et fiabilité ?

     Mathilde Bourrier

Idéologie libérale : le risque, c'est la vie ?

      Philippe Davezies

Industrie sidérurgique : gage de sécurité, l'expérience est une ressource menacée

      Valérie Pueyo

Sécurité et incendie : feus les pompiers sur site

     Joëlle Maraschin

Prévention et contrôle de l'Etat sur les sites industriels : faut-il faire confiance aux Drire ?

     Michel Steiner

Rôle de l'Inspection du travail : s'inscrire dans des stratégies collectives de prévention

    Christian Lenoir

Initiatives syndicales : formations pour l'action

    Martine Rossard

Prévention des risques technologiques : un projet de loi à portée limitée

    Joëlle Maraschin

Démocratie technique : « Quand des profanes interpellent les experts »

    Interview de Pierre Lascoumes, par Madeleine Melquiond

Catastrophe de Bhopal : dix-huit ans après, l'horreur continue

Lien vers le site de la revue (site de la Mutualité française)
 
  "Crisis Research in France", Journal of Contingencies and Crisis Management, vol.10, n°4, décembre 2002
Sommaire et résumés : http://www.blackwellpublishing.com/issue.asp?ref=0966-0879&vid=10&iid=4&oc=
1.Guest Editorial Introduction to Crisis Research in France
          Claude Gilbert
2.Crisis Management in France: Trends, Shifts and Perspectives
           Patrick Lagadec
3.Bridging Research and Practice: The Challenge of ‘Normal Operations' Studies
           Mathilde Bourrier
4.A New Approach to Crisis Management
            Bertrand Robert, Chris Lajtha
5.From One Crisis to the Other: The Shift of Research Interests in France
            Claude Gilbert
6.Crisis Research: French Decision Makers' Expectations - plusieurs contributeurs
7. Book reviews
" Les grandes peurs dans la montagne", Revue l'Alpe, éditions Glenat, n°18, hiver 2003

Sommaire et résumé : http://www.glenat.com/glenat_presse/lalpe/en_kiosque/mag.htm
Ce plat pays qui sera le mien
  Eugenio Turri.
Les miraculées de Bergemoletto
   Pietro Spirito.
La collision des continents
   Michel Campillo et Guy Perrier.
Le choc des chromos
   Yves Abraham.
Zéro de conduite
   Claude Gardien.
C'est la faute à de Saussure
   Danielle Buyssens.
Drame au Cervin
    Daniel Léon.
L'alpe de miséricorde
   Jean-Olivier Majastre.
Au bonheur des voyageurs (en péril)
   Jean-Loup Fontana.
Le Claps de Luc
   André Pitte.
La menace fantôme
    Angélique Prick.
Chronique d'une mort annoncée
    Daniele Cat Berro.
La prédiction - Une nouvelle de Sylvain Jouty.

Revue Risques, n°47 - septembre 2001

Dossier n°3 . Analyses Risque et démocratie
La démocratie face aux incertitudes scientifiques
     Pierre Picard, 
L'expertise à l'épreuve des risques et des menaces
     Claude Gilbert, 
La manipulation de l'information sur les risques
       Agnès Brun, 
Choix collectifs et risques globaux
        Alain Trannoy, Karine Van der Straeten,
Que faire des désaccords entre comités d'experts?
        Pierre-Benoît Joly, Marc Barbier, 
Précaution légitime et proportionnalité
         Olivier Godard, 
La régulation des risques industriels majeurs
        Bernard Sinclair-Desgagné,
Spécialistes et profanes en situation d'expertise
        Jacqueline Estades, Élisabeth Rémy, 
Les nouveaux modes de délibération publique
       Daniel Boy,
Le débat nécessaire entre le politique et le citoyen
       Jean-Yves Le Déaut

Lien vers le site de la Revue Risques : http://www.ffsa.fr/

Annales des Ponts et Chaussées, numéro spécial "Incidents, accidents, catastrophes. Retours d'expérience", n°91, septembre 1999.

Premiers éléments pour une approche transversale du retour d'expérience
        Claude Gilbert
Prévention et retour d'expérience à Air France,
         Bertrand de Courville
Le retour d'expérience dans les accidents graves de transports terrestres,
         Michel Quatre
Rôle du retour d'expérience dans la gestion de crise à la SNCF,
         Geneviève Aubry
Le retour d'expérience à la RATP,
         Claude Hennebert
L'apport des études détaillées d'accidents aux retour d'expérience en sécurité routière,
          Francis Ferrandez
Les problématiques judiciaires des enquêtes techniques et administratives,
         Georges Tourret
Evolution de l'organisation en DDE 13 pour faire face aux exigences nouvelles après la catastrophe de Furiani,
          Eric Aufan
Risques naturels et retour d'expérience : est-ce pour bientôt ?,
          Philippe Huet
Accidents : un rude apprentissage,
          Gordon Mac Donald
Fondements et limites du retour d'expérience,
          René Amalberti, Cyril Barriquault

Lien vers le site des Annales des Ponts : http://www.enpc.fr/Annales/

Les Cahiers de la Sécurité Intérieure, numéro spécial "Risque et démocratie. Savoirs, pouvoirs, participation. vers un nouvel arbitrage" ?, n°38, 4ème trimestre 1999

Pourquoi et pour qui un risque est-il acceptable ? Représentations du risque et inégalités sociales
       Patrick Peretti-Watel
Des différentes formes de démocratie technique
       Michel Callon
Point de vue sur l'acceptabilité sociale du discours du risque
     Michalis Lianos
Productivité des controverses et renouveau de l'expertise
       Pierre Lascoumes
La gouvernance technocratique par consultation ? Interrogation sur la première conférence de citoyens en France
      Claire Marris, Pierre-Benoît Joly
Gestion des risques et des crises : les procédures de retour d'expérience
       Claude Gilbert, Isabelle Bourdeaux
La traçabilité comme technique de gouvernement des hommes et des choses
         Didier Torny
Une approche réflexive du partage entre savoir expert et savoir profane
       Un texte de Brian Wynne présenté par Yannick Barthe

 Lien vers le site web de l'IHESI :http://www.ihesi.interieur.gouv.fr/

Politix, numéro spécial "Politiques du risque" n°44, 1998

Les risques collectifs sous le regard des sciences sociales 
         Cyril Lemieux, Yannick Barthe
Des objets à géométrie très variable 
          Entretien avec Claude Gilbert
Le citoyen secoureur
          Frédéric Caille
 La traçabilité comme technique de gouvernement des hommes et des choses
          Didier Torny
La sociologie pragmatique à l'épreuve des risques
          Francis Chateauraynaud
Les tireurs d'alarme dans les conflits sur les risques technologiques 
         M. Bernstein, J. Jasper
 La mobilisation des victimes d'accidents collectifs 
         Jean-Paul Vilain, Cyril Lemieux

Lien vers le site web de Politix


Contact : Isabelle.Bourdeaux@msh-alpes.prd.fr
Tél : 04 76 82 73 02 Fax : 04 76 82 73 04                                                                                                     18/07/2008