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Résumés
et sommaires de publications récentes dans le champ du GIS

Les résumés ci-dessous sont ceux
figurant sur la quatrième de couverture des ouvrages.
Jean-Noël Jouzel, Dorothée Landel, sous la direction de
Pierre Lascoumes, Décider en incertitude. Le cas d'une technologie à
risques et de l'épidémie d'hépatite C, Paris, L'Harmattan, Collection
Risques Collectifs et Situations de Crise, novembre 2005, 216 p.
Table
des matières
Beaucoup d’acteurs publics ont la nostalgie des choix tranchés. Aujourd’hui,
la décision serait devenue lourde voire impossible. Il faut la préparer en
amont, l’étayer, l’amender en cours d’élaboration, la justifier auprès de
multiples publics, la laisser ouverte à des évolutions futures, etc.
L’accumulation de ces exigences est accentuée par les contextes
d’incertitude qui demandent à la fois prudence et action. Enfin, l’existence
de dangers collectifs et leur complexité due à l’urgence et à la technicité
mettent particulièrement à l’épreuve les modes de décision classiques. Une
question se pose donc de plus en plus fréquemment : dans quelle mesure une
controverse publique rend-elle la décision plus difficile, ou au contraire
est-elle un moyen de la préparer et de la solidifier ?
Cet ouvrage contribue à répondre à cette question à travers l'étude de deux
exemples de décision inattendue : l’une parce qu’elle semblait prévisible
s’inscrivant dans une procédure bien formatée, l’autre parce qu’elle
semblait s’imposer au vu d’une urgence. Mais dans les deux cas la décision
attendue échoue :
- le premier cas est une décision « contre-intuitive » qui concerne un
projet innovant d’usine dans le Finistère. Celle-ci présentait toutes les
garanties techniques possibles, résolvait un problème local majeur
(élimination des lisiers excédentaires) et disposait du soutien d’une vaste
coalition d’acteurs. Mais un télescopage inattendu avec la catastrophe d’AZF
à Toulouse déstabilise radicalement un processus qui semblait joué d’avance.
- le second cas est une « décision molle », qui alterne des séquences de
non-décision avec des mesures minimales malgré une urgence sanitaire qui ne
le devient jamais politiquement. Il s’agit de l’épidémie d’hépatite C qui
touche aujourd’hui plus de 500 000 personnes, mais qui est restée depuis
vingt ans un enjeu latent, un problème public silencieux.
Au-delà des stratégies d’acteurs et des formes de l’action collective, ces
études montrent l’importance des activités de connaissance, de recueil et de
production d’informations dans le développement des controverses et les
processus décisionnels.
Julien
Besançon, Olivier Borraz, Catherine Grandclément-Chaffy, La
sécurité alimentaire en crises. Les crises Coca-Cola et Listeria de
1999-2000, Paris,
L'Harmattan,
Coll. Risques collectifs et Situations de
Crise, avril
2004, 307 p.
Table des matières
A
la suite de la crise de la vache folle puis de la controverse autour des
OGM, la France s'est dotée d'un système d'expertise et de gestion
des risques dans le domaine des aliments. Ce système s'est rapidement
trouvé mis à l'épreuve. Deux crises ont, par leur caractère
inaugural, joué un rôle important dans la consolidation du nouveau
dispositif.
Juin 1999 : dans une école belge, des élèves sont hospitalisés
après avoir bu du Coca-Cola. La crise prend rapidement de l'ampleur en
Belgique puis en France, deux pays déjà déstabilisés dans le domaine
de la sécurité alimentaire. Elle apparaît comme une étape importante
dans l'apprentissage de la gestion des situations d'incertitude et de
crise dans ce domaine - ainsi que dans la mise en oeuvre du principe de
précaution.
Janvier-mars 2000 : une quarantaine de personnes contractent une listériose
après avoir consommé des produits de charcuterie ; 13 en décèdent.
A l'occasion de cette crise, un enjeu majeur pour le dispositif de
gestion des risques sanitaires des aliments émerge : à qui « appartient »
la sécurité alimentaire ? La crise va contribuer à y répondre et
ce faisant à préciser le rôle des différents intervenants dans le
dispositif.
L'ouvrage
est une contribution à l'analyse de l'organisation du champ de la sécurité
alimentaire en France. Il entend également nourrir les réflexions sur
l'évaluation et la gestion des risques sanitaires. Il se propose enfin
de revenir sur l'étude des risques et des crises en privilégiant
l'examen de leurs dynamiques politiques sous-jacentes.
Jacqueline Estades,
Elisabeth Rémy, L'expertise en pratique. Le cas de la vache folle et
des rayonnements ionisants, Paris,
L'Harmattan,
décembre 2003, Coll. Risques collectifs et Situations de
Crise,
250 p.
Table
des matières
Les
pouvoirs publics s'en remettent de plus en plus à l'expertise
scientifique pour justifier la gestion de risques collectifs, notamment
quand de fortes incertitudes suscitent de vives controverses et inquiétudes.
Comment évaluer et contenir la grave menace incarnée par le variant de
la maladie de Creutzfeldt-Jakob ("vache folle")? Comment mesurer
les risques sanitaires liés à la proximité d'un site retraitant des déchets
nucléaires? Comment désigner des priorités à partir de faits
incertains ? ... Autant de questions qui mettent à l'épreuve
l'expertise scientifique.
A travers l'étude de deux
dispositifs - le Comité interministériel sur les encéphalopathies
spongiformes subaiguës transmissibles et les comités expertisant les
liens entre radioactivité et leucémies à La Hague - les auteurs
analysent les conditions d'organisation et de fonctionnement d'une
expertise inscrite dans le registre de la précaution.
L'ouvrage est une contribution au débat
actuel sur les formes de "démocratie technique". L'entrée par
la fabrication des avis conduit à remettre en question les frontières établies
entre pratiques de recherche et pratiques d'expertise. Plus globalement,
il s'agit de montrer comment s'organise une vigilance collective au
nom de la précaution; comment l'affirmation de l'autorité savante cède
le pas à l'expérimentation collective dans laquelle des savoirs locaux
se mêlent à la science des laboratoires ouvrant ainsi la voie à de
nouveaux apprentissages.
Risques
collectifs et situation de crises. Apports de la recherche en sciences
humaines et sociales, sous
la direction de Claude Gilbert, Paris, L'Harmattan,
2003, Coll. Risques collectifs et Situations de
Crise, 340 p., ISBN : 2-7475-4925-9, 27,45
Les
risques susceptibles d'affecter les collectivités humaines (risques
naturels, technologiques, sanitaires, alimentaires, liés à la rupture de
grands systèmes...) et les crises qu'ils suscitent sont au cur des débats
contemporains. Les sciences humaines et sociales ont, depuis une dizaine
d'années, développé des recherches nombreuses et diverses sur ces
questions considérées comme des problèmes de société cruciaux. Elles
ont ainsi introduit de nouveaux cadres d'analyse susceptibles de changer
assez radicalement la compréhension voire la gestion des risques et des
crises.
Cet ouvrage est issu d'un colloque organisé par le Programme Risques
Collectifs et Situations de Crise du CNRS (1994-2000) qui a été
l'occasion de prendre mesure et acte de ces changements. Il est
construit autour de cinq questions centrales dans le champ des risques et
des crises:
- les modes d'émergence des risques comme problèmes publics
- l'impact des configurations d'acteurs et organisations sur la gestion
des risques
- le rôle des hommes et des organisations dans les accidents et
catastrophes
-les nouvelles modalités d'expertise et de concertation en matière de
risques
- les perspectives de recherche sur les situations de crise aujourd'hui
Les contributions rassemblées relèvent d'approches disciplinaires variées
et s'appuient sur différents cas de risques et de crises : risques
naturels, nucléaires, alimentaires, de santé-environnement, OGM,
"vache folle", saturnisme, pollution industrielle des sols,
boues d'épuration urbaines, risques liés aux transports, aux grands
systèmes socio-techniques, etc.
Table
des matières Ont
contribué à cet ouvrage : René Amalberti, Yannick Barthe,
Olivier Borraz, Mathilde Bourrier, Frédéric Caille,
Francis Chateauraynaud, Suzanne de Cheveigné, Geneviève Decrop,
Damien Deschamps, Wolf R. Dombrowsky, Christine Dourlens,
Jacqueline Estades, Emmanuelle Fauchart, Claude Gilbert,
Paul't Hart, Pierre-Benoît Joly, Patrick Lagadec, Claude Lienhard,
Claire Marris, Christine Noiville, Elisabeth Rémy, Jacques Roux,
Yannick Rumpala, Danielle Salomon, Marie-France Steinle-Feuerbach
Christine Dourlens, Saturnisme infantile et action publique, Paris,
L'Harmattan, Collection Risques Collectifs et Situations de
Crise, 2003, 220 p.
Table
des matières
Provoqué par le plomb, le saturnisme est une maladie affectant
principalement les enfants et qui, il y a une quinzaine d'années encore,
n'était connue que des spécialistes. D'abord identifié comme une simple
pathologie, le saturnisme infantile est désormais reconnu comme une
maladie de la pauvreté et du mal logement.
L'histoire du saturnisme ne se présente cependant pas comme une histoire
linéaire, au cours de laquelle se seraient progressivement imposées la
réalité et l'importance du problème à traiter. Il y a certes eu des
travaux scientifiques, des prises de positions fortes, des mobilisations
sociales importantes. Mais il s'agit plutôt d'une histoire discontinue
bousculant la chronologie, avec des développements parallèles ou
entrecroisés, avec des moments d'intenses mobilisations et des périodes
d'enlisement et de silence.
Au fil des ans, il n'y a pas donc pas eu de véritable capitalisation,
mais plutôt une série de reformulations du problème. Reformulations qui
se sont superposées, les unes effaçant parfois les autres.
L'histoire du saturnisme infantile est donc moins celle du passage de l'obscurité
à la lumière d'un problème bien identifié que celle de ses
métamorphoses successives.
Mathilde
Bourrier dir., Organiser la fiabilité, Paris, L'Harmattan,
Collection Risques Collectifs et Situations de
Crise, 2001,
240 p.
Nucléaire, aviation
civile, aérospatiale, aéronavale : autant d'activités à hauts risques
qui réclament des niveaux de fiabilité extrêmement élevés. Or la
fiabilité est un produit de l'organisation.
Cet ouvrage explicite les liens existant entre fiabilité et organisation.
Il présente les principaux courants d'analyse en France et à l'étranger,
en s'appuyant sur des exemples précis : centrales nucléaires, avions de
ligne, navettes spatiales, navires de guerre.
Les chercheurs qui ont contribué à cet ouvrage sont tous spécialistes
des organisations complexes et " à risque ". Leurs
travaux témoignent de la richesse et de la vitalité du dialogue
scientifique international actuel sur ces questions.
Ce livre est destiné aux chercheurs et étudiants intéressés par les
organisations " à risque ", confrontés aux exigences
des travaux de terrain, et aux acteurs responsables de ces systèmes
hautement sophistiqués. Plus largement, il s'adresse à tous ceux qui
souhaitent en savoir davantage sur le fonctionnement de ces organisations
hors du commun, emblématiques de notre modernité.
Ont contribué à cet ouvrage : Mathilde Bourrier, Babette Fahlbruch,
Alain Gras, Todd La Porte, Caroline Moricot, Gene Rochlin, Jean Saglio,
Diane Vaughan, Bernhard Wilpert.
Chapitre 1 - La
fiabilité est une question d'organisation - Mathilde Bourrier
Chapitre 2 - Les
organisations " à haute fiabilité " : bilan et
perspectives de recherche - Gene I. Rochlin
Chapitre 3 - Fiabilité
et légitimité soutenable - Todd R. La Porte
Chapitre 4 - La notion
de sécurité systémique : un nouveau domaine de recherche pour la
psychologie industrielle - Babette Fahlbruch et Bernard Wilpert
Chapitre 5 - Approche
phénoménologique et anthropologique des grands systèmes techniques - Alain
Gras
Chapitre 6 - Souplesse
du quotidien et rigidité dans la crise : l'organisation du travail
sur un bateau de guerre - Jean Saglio
Chapitre 7 - La
maintenance des avions : une face cachée du macro-système
aéronautique - Caroline Moricot
Chapitre 8 - La
normalisation de la déviance : une approche d'action située - Diane
Vaughan

Yannick
Barthe,
Le pouvoir d'indécision. La mise en politique des déchets nucléaires,
Paris, Economica, Collection Etudes politiques, 2006, ISBN
2-71785-139-9, 240 p.
Comment une question en apparence technique -
le devenir des déchets nucléaires - peut-elle se transformer en problème
politique ? A quel type d'épreuve les gouvernants se trouvent-ils
confrontés lorsque des controverses se déploient dans des situations
saturées d'irréversibilités ? Comment discuter de choix "indiscutables"
? L'action politique est-elle impuissante face au poids du passé ?
Telles sont les questions qui sont au coeur de ce livre.
Cherchant à combiner les apports de l'analyse de l'action publique et de
la sociologie des sciences et des techniques, il retrace la longue
carrière du problème des déchets nucléaires et analyse le traitement
original dont cette question a fait l'objet de la part des autorités
politiques. (plus d'infos)
François
Duchêne et Christelle Morel-Journel dir., De la
culture du risque. Paroles riveraines à propos de deux cours d'eau périurbains,
Paris, Editions de l'Aube - Collection Société et territoire, 176 p.,
ISBN 2-87678-894-2
"Cet ouvrage analyse la réalité de la notion de culture du
risque autour de ruisseaux ordinaires, au régime torrentiel, de
l'agglomération
lyonnaise. Une grande question donc, face à un cas particulier, réel, de
proximité.
Forgée dans le champ technique pour que se développe la sensibilité des
populations aux dangers qui les menacent, la notion de culture du risque
paraît, en effet, faire référence à la culture traditionnelle des
riverains de la source de risque. Elle a été produite par des individus,
des organisations, habitués à raisonner dans une logique sectorielle, au
sens que l'on donne à ce terme quand il s'agit de décrire une
organisation administrative.
Le «monde des riverains» est, à l'inverse, enraciné dans l'expérience
personnelle et subjective de chacun, dans une perspective de temps long,
à l'échelle d'une vie. Il est donc étranger à une approche
strictement technique ou réglementaire, centrée sur le temps court et
manipulant des éléments apparemment atemporels.
Cette double logique, ici appréciée à l'aune d'une situation concrète,
montre qu'un usage non contrôlé (ou trop banalisé) de la notion de
culture du risque pourrait empêcher la compréhension des situations
concrètes compréhension sans laquelle la gestion proprement dite du
risque peut se révéler inopérante ou décalée. Comme quoi à trop en
faire, on détruit parfois ce que l'on veut protéger !"
Cet ouvrage, dirigé par François Duchêne, chargé de recherches au
laboratoire RIVES (Recherches interdisciplinaires villes, espaces,
sociétés) de l'ENTPE (Ecole nationale des travaux publics de l'État)
et Christelle Morel Journel, maître de conférences à l'Université
Jean Monnet de Saint-Etienne, a été écrit avec la collaboration de
Thierry Coanus et Emmanuel Martinais.
http://www.aube-editions.com/
Pierre
Aïach, Marie Marseille Marie, Ivan Theis Ivan, Pourquoi ce lourd
tribut payé au cancer ? Le cas exemplaire du
Nord-Pas-de-Calais, Rennes, Editions de l'ENSP, 2004, 320 p., ISBN
2-85952-873-3
Pourquoi la population du Nord-Pas-de-Calais paie-t-elle un si lourd
tribut au cancer? Telle était la question centrale de l'action A10 du
programme régional de santé Cancer «Challenge», à laquelle cet
ouvrage apporte des éléments de réponse. Au-delà du cas particulier du
Nord-Pas-de-Calais, elle concerne l'ensemble de la population française
confrontée à un mal dont le poids ne cesse de croître: le cancer.
Le Nord-Pas-de-Calais est particulièrement touché par ce mal pour des
raisons qui tiennent à sa structure sociale , à des conditions et modes
de vie favorisant la présence et les effets des principaux facteurs de
risque connus du cancer: alcoolisme, tabagisme, mauvaise alimentation,
matières cancérogènes dans l'environnement et surtout dans le cadre
de travail. Mais les autres régions le sont également, et de plus en
plus, en raison de la place grandissante du cancer dans une situation
sanitaire qui toutefois s'améliore dans son ensemble, si l'on en juge
par la baisse continue de la mortalité générale.
Sur ce qui apparaît donc comme un problème majeur de santé publique ,
cet ouvrage réunit les contributions d'auteurs issus de champs
disciplinaires très divers: anthropologie (Annie Hubert), économie (Thérèse
Lebrun, Jean-Claude Sailly, Philippe Lardé), géographie (Isabelle
Roussel, Pierre-Jean Thumerelle), histoire (Jean-Paul Barrière),
nutrition (Jean-Michel Lecerf), oncologie (Jacques Bonneterre, Catherine
Herbert, Jean-Louis Lefebvre), psychologie sociale (Loïc Cloart, Alain
Liekens, Jean-Jacques Lottin), santé publique (Philippe Macquet, Marie
Marseille, Ivan Theis), sociologie (Pierre Aïach, Josette Brassart,
Siegfried Geyer, Annie Thébaud).
http://editions.ensp.fr/Accueil.asp?http://editions.ensp.fr/Scripts/Editions.bs?bqAction=Show&bqRef=247
Arlette
Bouzon, La place de la communication dans la
conception de systèmes à risques, Paris, L'Harmattan, collection
Communication des Organisations, novembre 2004, 242 pages, ISBN :
2-7475-6919-5
Le projet de conception représente une situation de travail éphémère
dans laquelle un groupe d'individus, soumis à des contraintes de
ressources et de délais, tente de conceptualiser un objet répondant à
des attentes plus ou moins explicites. De nombreux tâtonnements seront
ainsi nécessaires avant qu'un prototype de centrale nucléaire, d'avion,
de satellite ou d'usine chimique... n'émerge, généralement fort éloigné
de ses premières épures. En tant que situation incertaine et évolutive,
il invite à poser la question de la place de la communication dans ce
processus de création collective. Comment des acteurs sociaux, dont les
points de vue et les intérêts divergent, peuvent-ils collaborer et
rendre leurs conduites signifiantes ? Outre l'acquisition de
connaissances, la conception recouvre un processus de prise de décisions
qui restreint au fur et à mesure le champ des possibles. Mais comment la
décision est-elle prise ? Est-elle le fruit d'une démarche rationnelle
ou intervient-elle en réaction à un contexte mouvant, en faisant l'objet
de justifications a posteriori ? Ce processus tente égaiement de rendre
acceptables, ou du moins supportables, les risques inhérents à
l'innovation qui ne sont généralement pas confinés à l'intérieur des
frontières de l'entreprise. Quelles sont les actions menées pour les
rendre acceptables ou du moins supportables ? S'appuyant sur une enquête
de terrain menée au sein d'équipes de projets spatiaux, cet ouvrage
s'interroge sur le rôle de la communication dans la conception de systèmes
complexes à risques.
http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=18297
Marcel
Calvez, La prévention du sida. Les sciences
sociales et la définition des risques, Rennes, Presses Universitaires
de Rennes, 2004, 196 p. ISBN : 2-86847-980-4
Entre 1985 et 1997, les sciences sociales ont contribué
de façon importante aux recherches sur la prévention du sida par les
enquêtes sur le comportement sexuel, par la mesure régulière de l'état
des connaissances et des opinions et par des recherches qualitatives sur
les perceptions et les représentations. Ces recherches élaborent une définition
des risques du sida. L'ouvrage a pour objet la contribution que les
sciences sociales apportent à la définition des risques. Il vise à
analyser la formation d'un domaine spécialisé de sciences sociales dans
le contexte d'une politique de santé publique en se demandant comment les
objectifs de cette politique sont traduits dans les connaissances
produites. Il s'interroge également sur la façon dont les sciences
sociales se saisissent de questions de santé publique. Il cherche ainsi
à rendre compte des contenus que le risque acquiert dans ces relations
entre les sciences sociales et la santé publique. L'ouvrage présente le
contexte médical et institutionnel de mise en place d'un programme de
recherches en sciences sociales. Il analyse les recherches majeures qui
ont été menées en lien avec des objectifs de prévention. Il montre
comment la définition des risques qui en résulte délaisse la
transmission du virus pour se centrer sur l'individu et ses représentations
et la rapporte aux enjeux de l'articulation avec la santé publique. Il
analyse ainsi la façon dont les sciences sociales se sont saisies des
questions posée par le sida et les ont construites en objet de
connaissance dans la perspective de contribuer à l'intervention publique.
Il contribue également à capitaliser l'expérience de recherche acquise
sur la prévention du sida dans une perspective plus générale de
contribution de sciences sociales à la santé publique et à la gestion
des risques. http://www.uhb.fr/pur/presida.html
Michel Setbon, Risques, sécurité sanitaire et processus de décision,
Paris, Elsevier, Coll. Médecine des risques, 2004, ISBN : 2-84299-581-3,
178 pages
Les risques sanitaires sont devenus un sujet récurrent de controverse
sociale, de débat scientifique et d'intervention publique. Sida, vache
folle, amiante, OGM, rayonnements ionisants et autres légionelloses représentent
autant de phénomènes qui ont pour dénominateur commun leur
qualification publique de risque sanitaire. Le récent développement de
la sécurité sanitaire comme champ spécifique de la santé publique est
venu faire écho à une explosion de la demande sociale de protection
contre tous les dangers et risques, qui semble caractériser nos sociétés
modernes. Discerner les risques représentant une réelle menace pour les
populations concernées et déterminer les mesures appropriées capables
d'en prévenir l'extension représentent l'enjeu central permanent auquel
se trouve confronté ce nouveau dispositif. Les processus de décision
organisés autour d'une expertise scientifique mandatée par les
gestionnaires politiques en représentent l'étape clé.
L'ouvrage expose les résultats d'une recherche collective portant sur
huit processus de décision initiés pour répondre à des dangers ou à
des risques relevant des trois secteurs concernés : le système de santé,
l'alimentation et l'environnement. Il s'agissait, après avoir identifié
les principaux éléments, d'en déterminer les variables et les logiques
structurantes, ainsi que le degré de cohérence entre la connaissance
produite et l'action décidée. Il a été ainsi possible de vérifier
dans quelle mesure les conclusions de l'expertise se retrouvaient dans les
décisions prises, d'identifier les facteurs de divergence et, plus
largement, de rendre compte des voies par lesquelles se construit l'action
publique face aux risques sanitaires.
Françoise Rudetzki,
Triple peine, Paris, Calmann-Levy, janvier 2004, ISBN 2-7021-3394-0,
356 p.
Ouvrage écrit par la fondatrice de SOS Attentats retraçant son
histoire et ses combats personnels et la mobilisation et l'action à
travers SOS Attentats.
"Maintes fois
opérée et greffée, elle se bat pour survivre, pour marcher à nouveau,
pour vaincre son handicap. Puis, prenant conscience de l'indifférence
dans laquelle se débattent les victimes du terrorisme, elle se mobilise
pour les autres en fondant S.O.S. Attentats. L'indemnisation
garantie par l'État, c'est elle. Le
statut de victime civile de guerre dans les cas de terrorisme, c'est
elle.La prise en charge psychologique des traumatisés, c'est elle.
Le combat incessant pour
faire prévaloir la justice et la morale dans les juridictions du monde
entier, c'est encore elle.
Les politiques la respectent, mais la trouvent souvent encombrante, pour
ne pas dire gênante elle perturbe les petits arrangements diplomatiques
avec certains pays et empêche de passer l'éponge sur les souffrances
des victimes au nom de la raison d'État, comme ce fut longtemps le cas
avec la Libye dans l'affaire de l'attentat contre le vol UTA.
(...) Triple peine est
un livre bouleversant qui retrace, en termes simples mais
extraordinairement éloquents, le calvaire d'une femme d'exception et
son combat acharné contre ce summum de lâcheté et d'inhumanité qu'est
le terrorisme, et pour que justice soit rendue. "(extrait 4e
de couverture)
Voir la note de lecture détaillée et très stimulante de Patrick Lagadec
sur cet ouvrage, sur le site de Patrick Lagadec : http://www.patricklagadec.net/fr/pdf/triple_peine.pdf
Nicolas Dodier,
Leçons politiques de l'épidémie de sida, Paris, Editions de l'EHESS,
Coll. Cas de figure, novembre 2003, ISBN : 2-7132-1814-4, 360 pages
http://www.ehess.fr/html/html/393.html
Rarement le monde médical aura été en France aussi publiquement
conflictuel qu'avec l'épidémie de sida, dans la rue, dans les médias,
au Parlement, dans les conférences internationales ou dans les tribunaux.
Pourquoi ces controverses et quels enseignements en tirer ? De l'affaire
de la ciclosporine aux querelles internationales autour des brevets de médicaments,
du choc qu'a constitué le début de l'épidémie pour le mouvement
homosexuel jusqu'à la crise des antiprotéases, peut-on transformer ce
tumulte en un récit intelligible, en une histoire politique du sida?
Au-delà du caractère foisonnant des épisodes, au-delà de la complexité
de chacun d'entre eux, une dynamique d'ensemble se dégage, qui les
traverses tous. Car ces disputes, loin de n'être qu'un bruit de surface,
révèlent, pour peu qu'on sache les lire, des transformations
essentielles de notre société, au carrefour de la médecine, de la
science et du capitalisme.
Sommaire
Avant-propos. le bruit des controverses et le mouvement de l'histoire
1. Qu'est-ce que le travail politique ?
2. Avant que ne survienne le sida
Première partie. L'enclavement de la modernité thérapeutique
3. La mise en place de la cause moderne-libérale
4. le monde médical entre deux formes politiques
5. L'avènement des institutions de la modernité thérapeutique
6. Contestation et enclavement des nouvelles institutions
Deuxième partie La subversion de la modernité thérapeutique
7. Confrontation médicales dans le monde des essais contrôles
8. Des malades défendent leur cause
Troisième partie Le durcissement de la lutte contre les marges
9. Le règne de l'éthique légale
10. Les poursuites contre les thérapeutiques dissidentes
Quatrième partie. La réinscription de la cause du sida en France et
dans le monde
11. Crise et convention de ka mobilisation collective
12. le choc des universalismes
Conclusion: Les nouveaux horizons du travail politique
Gérard Koenig,
Florence Allard-Poesi, Bénédicte Vidaillet, Hervé Laroche, Christophe
Roux-Dufort, Le sens de l'action. Karl Weick : sociopsychologie de
l'organisation, Paris, Vuibert, 2003, 183 p., ISBN : 2-7117-6972-0
http://www.vuibert.com/cat147.html
Comment l'action se forme-t-elle dans les organisations ? Quel sens,
quelle forme, quelle direction est-elle susceptible de prendre ? Pourquoi
a-t-elle si souvent dans l'entreprise des conséquences inattendues et
originales ? Pourquoi certaines équipes sont-elles capables d'improviser
et d'inventer de nouvelles actions nourries par leur expérience alors que
d'autres se contentent de réagir ou de répéter ce qu'elles connaissent
? Pourquoi certaines entreprises sont-elles extrêmement fiables, malgré
l'importance des enjeux et la complexité des technologies auxquels elles
sont confrontées, quand d'autres ne résistent pas à l'imprévu ?
Comment comprendre que certaines organisations s'effondrent, parfois
soudainement ? Ce sont quelques-unes des questions auxquelles ce livre
tente de répondre. En particulier, c'est la problématique du sens de
l'action dans l'organisation, qui est ici principalement explorée. Le
sens de l'action renvoie à la fois : à la direction, imprévisible et
indéterminée, mais non aléatoire, que prend le processus de déploiement
de l'action ; à la signification que l'individu va donner à ce processus
; enfin, selon l'acception courante de l'expression " avoir le sens
de l'action ", à la capacité à agir, à produire une action
propre, par opposition à l'inertie ou à la simple réaction. Pour
explorer cette problématique, nous avons largement mobilisé les
conceptions de Karl Weick, chercheur américain qui a renouvelé la compréhension
des organisations en s'intéressant aux processus par lesquels se
construit le sens dans celles-ci. Original tant au niveau des concepts que
de la démarche de recherche ou de l'écriture, Karl Weick, bien que
disposant d'une très grande notoriété outre-atlantique, était resté
peu accessible en France. Cet ouvrage vise à diffuser les apports de ce
chercheur et à susciter de nouvelles perspectives pour tous ceux qui
s'intéressent aux organisations, qui travaillent en leur sein et qui sont
quotidiennement confrontés à leur complexité.
Sommaire
OUTILS ET MATERIAUX.
· L'organisation dans une perspective interactionniste.
· Exercice de sensemaking.
· Mann Gulch, l'organisation et la nature fantastique de la réalité.
BRICOLAGES.
· Sens collectif et construction collective du sens.
· Lorsque les dirigeants formulent leurs préoccupations : une occasion
particulière de construire du sens.
· La construction d'une théorie de la fiabilité organisationnelle
Pascal
Trompette, L'usine buissonnière. Une ethnographie du travail en
monde industriel, Toulouse, Octares Editions, 2003, 195 p.,
http://www.octares.com/pages/livre.php?idlivre=90
"« Le matin, je me lève, je pense à ce que je vais faire après le
travail » évoque l'ouvrier à propos de son quotidien. « Mais après,
je rentre là, c'est la routine, je marche, je pointe, on ne sait pas ce
qu'on fabrique. » Nous voici au seuil d'un atelier du nucléaire dans
lequel la vaste machinerie disciplinaire du travail semble au premier
abord ne laisser échapper aucune forme d'autonomie. Il suffit pourtant de
se laisser peu à peu emporter dans le cours ordinaire de la vie usinière
pour découvrir la face cachée du quotidien du travail : celle des
affects, des éthiques, des sens différentiels de l'honneur qui animent
les interactions conflictuelles de la vie d'atelier ; ou encore celle des
rêves d'ailleurs, des sécessions imaginaires, de la vie hors-travail
venant dissiper l'organisation productive.
A partir d'une longue enquête ethnographique, l'auteur nous invite à
explorer la vie sociale d'une usine nucléaire implantée en milieu semi
rural. Sur un mode impressionniste, cette ethnographie industrielle
explore la rencontre entre une histoire d'entreprise et des histoires de
vies, les échanges sociaux autour du travail, la transformation des
identités sociales d'un monde ouvrier. Des cultures d'atelier aux jeux
d'alliance entre dirigeants et syndicalistes, l'exploration du système d'échange
associé à la relation de travail décrit une relation « totale », «
socialement saturée », irréductible à la seule dimension économique.
Elle pose ainsi les bases d'une nouvelle anthropologie de la relation
salariale au sein du monde industriel contemporain."
Christine
Noiville, Du bon gouvernement des risques. Le droit et la question
du "risque acceptable", PUF, Les voies du droit.
Amiante, vache folle, sang contaminé, OGM : le risque écologique et
sanitaire est au cur de nouvelles mésententes entre les citoyens et les
institutions. Il n'en finit pas de compliquer l'exercice de l'action
publique, de conforter la judiciarisation de la société tout en
fragilisant la paix sociale et la pérennité des activités économiques.
De là l'idée, souvent déplorée, d'une aversion croissante des
individus pour le risque, qui serait devenu purement et simplement
inacceptable. Et s'il fallait plutôt voir là l'expression d'une légitime
exigence, la définition d'un mode efficace et responsable de gouvernement
? Alors que le XXe siècle s'organisait autour d'un contrat
stipulant que le risque serait acceptable à la condition qu'il soit
indemnisable, notre époque paraît ne plus se satisfaire de cette fragile
transaction. Il convient désormais de remodeler les institutions, de
concevoir les mécanismes de prévention et de précaution, de préciser
les procédures et les critères au regard desquels un risque, qui s'avérera
peut-être plus tard intolérable, mérite aujourd'hui d'être couru. En
somme, il s'agit de définir les conditions auxquelles la gestion publique
des risques est acceptable. C'est dire si l'exercice appelle une réflexion
du droit sur lui-même, sa fonction, ses techniques. Il invite à
concevoir des solutions pragmatiques, qui soient compatibles avec nos
engagements supranationaux (issus du droit de l'Union européenne et de l'OMC).
Il conduit à redéfinir sans angélisme la part revenant à chacun -
individus, entreprises, autorités publiques - dans l'exercice de la décision
comme dans l'attribution des responsabilités. A travers la question du
gouvernement des risques, c'est en définitive la légitimité même de
l'action de l'autorité publique qui est en jeu.
Francis
Chateauraynaud, Prospéro. Une technologie littéraire pour les
sciences humaines, Paris, CNRS Editions, 2003, 406 p. 35 Euros, ISBN
: 2-271-06133-4
Qu'est-ce que bien connaître un dossier ? Comment dégager
l'essentiel, sans perdre le sens des détails, quand les réseaux de
communication rendent accessibles de grandes quantités d'informations et
que l'on parle de " management des connaissances " ? Comment,
face à une telle prolifération de textes et d'énoncés, reconnaître
l'information pertinente pour étayer ou invalider des intuitions
personnelles et trancher entre plusieurs interprétations possibles ?
Autant de questions auxquelles l'auteur tente d'apporter des réponses. Se
proposant de partir des affaires, des controverses et des crises qui
jalonnent nos sociétés, Francis Chateauraynaud développe une nouvelle
manière d'aborder l'analyse des dossiers complexes. Cette démarche passe
par la création d'une technologie littéraire, concrétisée par le
logiciel Prospéro, qui repose sur des formes de coopération inédite
entre interprètes humains et procédures informatiques. Au lieu d'opposer
des traitements automatisés à des " lectures " individuelles
ou collectives, Prospéro les fait travailler de concert, aidant l'interprète
à élaborer ses prises à partir des espaces de variation fournis par les
textes eux-mêmes. La présentation des concepts et des techniques utilisés
est l'occasion de confronter les régimes cognitifs instaurés par la
statistique, la linguistique ou l'intelligence artificielle, avec les
enjeux de la sociologie et de l'histoire contemporaines. Prolongeant la
discussion théorique à travers différentes épreuves empiriques, ce
livre convoque toute une gamme d'applications qui vont des polémiques
divisant les intellectuels (Louis-Ferdinand Céline, affaire Sokal) aux
grands dossiers concernant les risques collectifs (dossiers de l'amiante,
du nucléaire ou du prion), en passant par les affaires judiciaires ou
politiques (affaire de la Mnef ou mouvements des sans-papiers).
Olivier
Godard, Claude Henry, Patrick Lagadec et Erwann Michel-Kerjan,
Traité des nouveaux risques - Précaution, crise, assurance, Paris,
Gallimard, Folio-Actuel
Au-delà des dénonciations de la technologie prométhéenne,
s'appuyant sur les acquis de la recherche économique et d'autres
disciplines des sciences sociales, cet ouvrage pionnier rassemble les pièces
d'un puzzle dispersé. le motif en est clair : dégager les axes de
gouvernance des nouveaux risques.
Celle-ci repose sur trois piliers qui organisent le panorama offert : la
précaution - de la théorie du risque à celle des régimes
politiques dans un univers à la fois non probabiliste et controversé ; la
prévention et la gestion de crises - dont les traits saillants sont
montrés à partir de trois cas exemplaires : la contamination criminelle
d'un produit pharmaceutique ; la destruction du réseau électrique québécois
en 1998 ; l'épidémie de la vache folle au Royaume Uni ; l'assurance
des risques à grande échelle (désastres naturels, catastrophes
technologiques et terrorisme de masse) qui, avérés ou potentiels,
bouleversent l'économie de l'assurance.
Pourquoi un traité ? La raison en est que si l'on veut éviter le désarroi
des responsables, la défiance des citoyens et que ne se creuse le fossé
entre décideurs et société, la gouvernance des nouveaux risques doit désormais
s'apprendre et s'enseigner.
Patrick
Lagadec, Xavier Guilhou, La fin du risque zéro, Paris Eyrolles
Société-Editions d'organisation, 2002
Avec complaisance, l'opinion occidentale s'était
comme repliée ces dernières décennies dans une « niche » bien en
retrait : celle du risque zéro. Peut-être
d'ailleurs cette doctrine aura-t-elle marqué ce moment étrange de la
chute du mur de Berlin, qui nous laissait face à un grand vide. Pourtant,
une série d'événements graves (Tchernobyl, Rwanda, vache folle, 11
septembre,Toulouse
) et des avenirs incertains ont sonné le retour de
l'Histoire. Ce phénomène récurrent se retrouve en permanence dans les
grands débats d'idées depuis des siècles. Loin de nous paralyser, le
désarroi ressenti doit être fécond en initiatives et en transformations
positives. C'est ici l'objet de notre contribution.Ce livre est un
cri. Il est né de la volonté d'éclairer avec courage nos
contemporains sur des turbulences de grande échelle qui dépassent
souvent notre entendement. Ce texte conjugue deux cheminements, celui sur
les crises internationales avec Xavier Guilhou et celui sur les crises
technologiques avec Patrick Lagadec. Leur message est clair : il faut
faire émerger de nouvelles logiques de vie et de développement durable.
Entre arrogance et indolence, saurons-nous remettre en question
l'intangibilité de nos frontières mentales et géographiques ? Les
analyses et les propositions avancées dans La fin du risque zéro sont
enrichies de questions posées à Laurence Tubiana (Développement
durable), Michel Séguier (Sud / Nord), Françoise Rudetski (Terrorisme),
William Dab (Santé publique), Philippe Baralon (Alimentation), Dominique
Dormont (Experts), et Bertrand Robert (Crises).
Jacques
Drucker, Les détectives de la
santé- Virus, bactéries, toxiques : enquêtes sur les nouveaux
risques, Paris,Ed. Nil, 2002.
Peut-on encore manger, respirer, faire l'amour, travailler, voyager sans
prendre le risque d'ingurgiter un prion en folie, d'inhaler des particules
cancérigènes, de contracter un virus mortel ou de véhiculer les bactéries
d'une peste nouvelle ? " Les crises et scandales de santé publique
ont bouleversé en dix ans notre perception du quotidien, soudain devenu
inquiétant, voire menaçant. Pour nous, les " détectives de la santé
", -médecins et épidémiologistes de l'Institut de veille sanitaire
mènent l'enquête. Morts inexpliquées, phénomènes d'hystérie
collective, épidémies inconnues : Jacques Drucker nous raconte les
investigations de ces détectives pas comme les autres. Pas à pas, il
nous guide vers la résolution d'énigmes médicales tant déroutantes que
passionnantes, de l'apparition des premiers signes cliniques chez un
patient à la résorption de l'épidémie au niveau national. Pour
comprendre en profondeur les enjeux actuels en matière de prévention et
de sécurité sanitaire.
Une fièvre de cheval. - Rillettes
et bouillon de culture. - Embargo
sur le Coca. - Scalpelmania
aux Caraïbes. - Alerte
sur la ville. - La
bataille de l'air - La grippe ou l'éternel retour. - Virus
sans frontières et bioterrorisme. - Les
bactéries font de la résistance. - Crise
de foi(e).
Jean-Pierre
Dupuy, Pour un catastrophisme éclairé? Quand l'impossible est
certain, Paris, Seuil, 2002.
La catastrophe
en surgissant du néant crée du possible en même temps que du réel.
Bergson décrit les sensations qu'il éprouva en apprenant la déclaration
de guerre de l'Allemagne à la France en 1914 : " Malgré mon
bouleversement, et bien qu'une guerre, même victorieuse, m'apparût comme
une catastrophe, j'éprouvais [...] un sentiment d'admiration pour la
facilité avec laquelle s'était effectué le passage de l'abstrait au
concret : qui aurait cru qu'une éventualité aussi formidable pût faire
son entrée dans le réel avec aussi peu d'embarras ? Cette impression de
simplicité dominait tout. " Or, avant la catastrophe, la guerre
apparaissait à Bergson " tout à la fois comme probable et comme
impossible. " Ce livre est une réflexion sur le destin apocalyptique
de l'humanité. Celle-ci est devenue capable au siècle dernier de s'anéantir
elle-même, soit directement par les armes de destruction massive, soit
indirectement par l'altération des conditions qui sont nécessaires à sa
survie. Le franchissement de ce seuil était préparé depuis longtemps,
mais il a rendu manifeste et critique ce qui n'était jusqu'alors que
danger potentiel. Nous savons ces choses, mais nous ne les croyons pas.
C'est cela le principal obstacle à une prise de conscience, et non pas
l'incertitude scientifique dont les théoriciens de la " précaution
" nous rebattent les oreilles. L'auteur propose ici une nouvelle façon
d'aborder ces questions.
Michel
Callon, Pierre Lascoumes, Yannick Barthe, Agir dans un monde incertain.
Essai sur la démocratie technique, Paris, Seuil, 2001.
Et s'il fallait enfin tirer les
conséquences des crises à répétition que nos sociétés traversent
lorsqu'elles sont confrontées aux débordements inattendus des sciences
et des techniques ? S'il fallait en finir une bonne fois pour toutes avec
la vision héroïque des décisions tranchantes et tranchées que le
souverain prend en situation d'incertitude et en toute méconnaissance de
cause ? SI Alexandre rengainait son épée, le monde s'effondrerait-il ?
Non, mais la démocratie, elle, en ressortirait fortifiée. Tel est le
propos des auteurs de ce livre. Ces derniers refusent les traditionnelles
oppositions entre spécialistes et profanes, professionnels de la
politique et citoyens ordinaires. Ils concentrent plutôt leur attention
sur les nouvelles relations entre savoir et pouvoir qui émergent des
controverses socio-techniques et sur les procédures inventées pour les
traiter. L'enjeu est de taille : faire apparaître les conditions dans
lesquelles les sociétés démocratiques vont se rendre capables
d'affronter les défis des sciences et des techniques, redéfinir un
espace public réunissant non pas des individus désincarnés mais des
femmes et des hommes pris dans des histoires singulières. Après l'âge
de la démocratie délégative, celui de la démocratie dialogique ?
Alexis
Roy, Les experts face aux risques. le cas des plantes
transgéniques, Paris, PUF, Collection Partage du Savoir, 2001.
Lors d'une table ronde sur le thème de
l'évaluation et de la gestion des risques, Axel Khan, président de la
Commission du génie biomoléculaire de 1987 à 1997, termina son
intervention sur les risques potentiels liés à la culture des colzas
transgéniques en s'exclamant : "ça, c'est l'expertise !". Cet
ouvrage se propose d'éclairer ce que recouvre cette laconique
affirmation. En étudiant le cas de cette commission, chargée d'évaluer
les risques sanitaires et environnementaux relatifs aux organismes
génétiquement modifiés (OGM) et en s'appuyant sur les documents
internes des grandes firmes agrochimiques concernées (Rhône-Poulenc,
AgrEvo, Monsanto), Alexis Roy analyse le rôle de l'expertise scientifique
dans le domaine de la gestion des risques. Il reconsidère ainsi la
définition traditionnelle du travail des experts, selon laquelle ceux-ci
décrivent et les décideurs prescrivent. Au contraire, cet ouvrage
s'attache à montrer dans quelle mesure l'expertise, qui se situe à
mi-chemin entre la pratique scientifique et la décision politique, joue
un rôle bien plus actif, puisqu'elle érige des normes, les hiérarchise,
et contribue ainsi à énoncer de nouvelles règles de comportement. Loin
des piètres discours diabolisant les experts, cet ouvrage aborde avec
rigueur et clarté un domaine de compétences dont les conséquences
concrètes ne cessent d'affecter notre vie quotidienne. Il permet ainsi de
mieux comprendre l'une des fonctions essentielles de notre monde moderne
et contribue à instaurer un dialogue entre le grand public et des
instances de décision aussi omniprésentes que trop souvent opaques.
René
Amalberti, La
conduite des systèmes à risques, Paris, PUF, Collection Le Travail Humain, 2001, 2nde
édition
La sécurité des systèmes à risques
(transports, nucléaire, chimie) n'a jamais été aussi bonne.
Malheureusement, ce niveau de sécurité ne progresse plus. Les erreurs
humaines sont considérées comme la cause dominante des accidents
restants. La thèse du livre est plus subtile. Certains progrès
techniques gênent les protections naturelles que développe l'opérateur
contre ses propres erreurs. L'opérateur gère en permanence un compromis
entre le risque interne qu'il accepte de prendre (lié aux limites de ses
capacités intellectuelles), le risque objectif lié au niveau de
performance qu'il vise et les conséquences de ces risques pour son
intégrité physique et morale (fatigue, stress, épuisement). L'erreur ne
peut et ne doit pas être totalement supprimée car elle fait partie des
mécanismes de régulation de ce compromis. Mais l'opérateur n'est pas
suicidaire, il assume ce compromis en se protégeant, en détectant ses
erreurs, en réduisant si nécessaire ses aspirations ; on parle de
sécurité écologique. Le livre démonte les mécanismes de cette
sécurité écologique et présente une synthèse sans précédent sur la
modélisation de l'opérateur et les liens entre erreurs et accidents. Il
s'adresse aux étudiants et chercheurs, et vise aussi tous les acteurs
de la sécurité, opérateurs, pilotes, décideurs, concepteurs et
gestionnaires du risque.
Victor Scardigli,
Un anthropologue chez les automates, Paris, PUF, 2001
Pourquoi
les "technologies intelligentes et communicantes" prennent-elles
une place centrale dans le mode de vie occidental ? Pour éclairer cette
question adressée à la société digitale, l'auteur a choisi l'exemple
de l'innovation en aéronautique civile. Au terme de dix années d'investigations,
associant l'histoire, l'ethnologie et la sémiologie, il montre à quel
point l'objet technique -ici l'avion fortement automatisé- exprime la
vision du monde de ses créateurs et l'impose aux autres acteurs sociaux.
La pensée ingénieur ignore l'expérience intime du temps, de l'espace et
du risque vécu par l'usager ; le bureau d'étude se pense comme une
communauté investie d'une mission, celle de produire un humain sans
défaut, placé dans un univers épuré de tout danger et conflit, presque
mathématisé. Certes les pilotes ont réussi, à plusieurs reprises, à
imposer une co-invention négociée, qui reconnaît leur expertise de
praticiens de la technique. Mais le concepteur tend à choisir
"l'actant machinique" au détriment de l'autonomie et de la
compétence de l'acteur-usager. ce fil conducteur de l'innovation conduit
à une société d'automates et de réseaux. Au seuil du XXIe siècle,
s'affirme ainsi une incommunicabilité culturelle, source de conflits
entre les concepteurs d'un tel univers digital et les micro-acteurs du
quotidien, dépossédés de ce qui fait la valeur de la vie. Le tout
technique vient mettre en question la définition plurielle de l'homme,
avec son corps et son désir, son intériorité et son lien à une
tradition vivante.
Victor
Scardigli, Marina Maestrutti, Jean-François Poltorak, Comment naissent
les avions. Ethnographie des pilotes d'essai, Paris, L'Harmattan,
2000. (résumé)
Une
approche ethnographique de l'aéronautique fait apparaître l'essai en vol
comme un rituel purificateur de l'innovation technique. Accoucheurs de la
modernité, les pilotes d'essai désensorcellent l'avion à naître en
allant explorer les confins de la mort. Ils sont des passeurs de
frontière entre des visions du monde des concepteurs et des pilotes de
ligne ; entre les certitudes de la physique ou du règlement et les
imprévus du monde réel. Ils mettent leur légitimité charismatique au
service de l'utilisateur de chaque nouvel outil technique. Dans notre
société fascinée par l'ordinateur, ils imposent l'équipage humain
comme acteur décisif de la prévention des catastrophes. Mais des
bouleversements menacent l'avenir de la sécurité aérienne. Les enjeux
économiques considérables favorisent une évolution vers le
tout-automate ; la simulation détrône l'épreuve du vol réel ; la
science du vol va vers l'industrie, au détriment des centres d'expertise
indépendants. Cette étude de cas illustre la fragilité croissante d'une
civilisation que l'on voudrait fonder sur le "technologies
"intelligentes et communicantes".
René
Favier, Anne-Marie Granet Abisset dir., Histoire et mémoire des risques
naturels, Grenoble, CNRS-Publications de la MSH-Alpes, 2001
Jusqu'à ces dernières années, les
risques naturels auxquels sont confrontés les sociétés ou les individus
ne faisaient guère partie des champs privilégiés de la recherche
historique. Pourtant, par son ancrage dans la longue durée, par une
démarche spécifique d'interrogation, de critique, d'analyse des
sources mais aussi par des perspectives et des problématiques nouvelles,
celle-ci permet une meilleure compréhension des réactions des sociétés
face aux risques encourus et aux catastrophes subies.
Pour être pleinement opérationnel, l'enseignement
tiré de la connaissance du passé doit en premier lieu être complété
par une analyse des rapports des populations avec la mémoire et l'oubli
des aléas. Il convient de déterminer comment et pourquoi une communauté
retient et oublie, transmet ou modifie le souvenir d'évènements
exceptionnels ainsi que les solutions adoptées au cours du temps pour y
faire face. Dans cette perspective, les représentations que ces
populations se font de cette situation de crise comptent autant que les
faits eux-mêmes.
Au cours des dix dernières années, les
territoires de montagne ont fait l'objet d'un nombre toujours plus
nombreux d'enquêtes et de travaux, dont certains particulièrement
novateurs. Faire le point sur cette recherche historique et confronter les
résultats avec les approches de spécialistes d'autres disciplines des
sciences humaines (économistes, géographes, sociologues, juristes), tel
a été l'objectif du premier séminaire international sur l'histoire
des risques naturels organisé par l'équipe HESOP/CRHIPA de la
MSH-Alpes. Précédées d'une préface de
Jean-François Bergier et d'une introduction de Philippe Joutard, les
contributions ont été regroupées autour de trois entrées :
Jacques Berlioz, Grégory Quenet, Anne-Marie Granet-Abisset, Patrick
Pigeon et Bruno Helly abordent les approches méthodologiques du concept
de risques naturels ; Denis Cur, Sylvain Gache, Miha Pavcek et
Christian Pfister la question des hommes face aux risques ; Selma
Leydesdorf, Adeline Miranda, Christian Abry et Philippe Schoeneich celle
des récits et représentations.
Dans un champ de recherches désormais investi par les
historiens, ces actes constituent une contribution de première importance
à la réflexion collective sur la question des risques naturels.
Acquisition : CNRS-MSH-Alpes
Patrick
Peretti-Watel, Sociologie du
risque, Paris, Armand Colin, 2001
La notion de risque a
aujourd'hui fait fortune. Remontant au XIVe siècle, le mot est à
présent utilisé pour désigner des phénomènes aussi disparates que les
OGM, la vache folle, la radioactivité autour de La Hague, le sida ou les
accidents de la route... Le risque, devenu social, technologique,
écologique, sanitaire, a son vocabulaire : majeur ou diffus, choisi ou
subi, maîtrisé ou "managé" ; est ses professionnels :
ingénieurs mais aussi économistes, psychologues et sociologues. Pour
certains d'entre eux, là réside l'originalité des sociétés
contemporaines, qui seraient des "sociétés du risque".
L'ouvrage, qui retrace l'émergence de la notion, s'interroge sur la
construction contemporaine du risque : Est-il aussi moderne qu'on le dit ?
La perception des risques échappe-t-elle aux influences sociales et
culturelles ? Évidemment non. Toutefois, si les inquiétudes du public ne
se calquent pas sur celles des experts (qu'il s'agisse du nucléaire ou de
la vache folle par exemple), elles n'en sont pas pour autant
irrationnelles. Ainsi l'auteur souligne la rationalité propre aux
perceptions et aux comportements individuels et, en retour, interroge les
catégorisations "objectives" des experts, qui désignent des
comportements et des groupes "à risques".
Patrick
Lagadec, Ruptures créatrices, Paris, Editions d'Organisation, Collection Tendances, 2000.
"Mutations industrielles et financières,
déstructurations géostratégiques, fulgurances technologiques, trous noirs en santé
publique, implosions d'ensemble humains, perte des repères fondateurs en tous domaines...
Les ruptures impriment leur marque au siècle qui commence. Le défi : de l'intelligence
à reconstruire, des références culturelles à forger, des principes d'action à
refonder, du débat collectif à réinventer. De grands témoins ont accepté de partager
questions, mises en garde, suggestions positives. Ces paroles d'expérience, rapportées
d'univers très différents, ont en commun l'essentiel : la volonté de questionnement, la
recherche de réponses opérationnelles, la quête de sens personnel et collectif.
Un ouvrage qui propose des clés d'analyse et de stratégie pour que notre entrée dans
ces univers -certes déstabilisants mais porteurs d'ouvertures inédites- se fasse sous le
signe des ruptures créatrices."
Mathilde
Bourrier, Le nucléaire à l'épreuve de l'organisation, Paris, PUF, Le travail Humain,
1999
Ce livre présente une étude sociologique de l'organisation
du travail dans quatre centrales nucléaires en France et aux Etats-Unis. L'argument
défendu est que ces organisations, dites "à hauts risques", bien loin de
constituer des curiosités sont profondément "banales" : en particulier, elles
produisent les dysfonctionnements classiques qu'une longue tradition de recherches en
sociologie des organisations a déjà identifiés. L'auteur en conclut qu'il est
nécessaire de penser conjointement la fiabilité et la conception organisationnelle afin
d'enterrer la dichotomie confortable entre technologie et organisation. Ainsi pourra-t-on
donner la place qui leur revient aux questions d'organisation dans les débats actuels sur
la conduite des organisations "à haut risque". Ce livre s'adresse non seulement
aux spécialistes du domaine du risque mais aussi à ceux intéressés par l'analyse des
organisations. Les étudiants en sociologie et en ergonomie trouveront une présentation
inédite des théories de la fiabilité organisationnelle. Les industriels et les
institutions chargés de la conception, du fonctionnement et du contrôle de ces
installations y trouveront également matière à réflexion, tout comme les citoyens
préoccupés des risques industriels.
Francis
Chateauraynaud, Didier Torny, Les sombres précurseurs. Une sociologie pragmatique de
l'alerte et du risque, Paris, Editions de l'EHESS, 1999
Parmi les actes ouvertement tournés vers autrui, le cri
d'alarme occupe une place privilégiée. En s'intéressant aux procédés par lesquels des
"lanceurs d'alerte" s'efforcent de faire reconnaître un danger, cet ouvrage
interroge nos catégories de l'action et de la décision. En effet, l'alerte prend forme
sur fond de vigilance et de participation au cours des choses. Elle naît de l'attention
aux signes précurseurs et convoque des expériences marquantes, des précédents, qu'elle
relie à un avenir proche ou lointain, en faisant de l'acte présent une épreuve de
réversibilité, une source possible de prise sur le futur. Trois dossiers, développés
ici de manière détaillée, illustrent cette problématique de l'alerte : le dossier de
l'amiante, marqué par une "période muette" de près de quinze ans, cruellement
exemplaire d'une perte de prise collective; celui de la radioactivité qui n'a pas fini de
défrayer la chronique avec la gestion des déchets nucléaires; et enfin celui des
maladies à prions dont le rebondissement spectaculaire, avec la "crise de la vache
folle", témoigne de l'invention de nouvelles formes de vigilances face aux risques
d'un monde en réseaux.
Bruno
Latour, Politiques de la nature. Comment faire entre les sciences et la démocratie,
Paris, La Découverte, 1999.
Comment combler le fossé apparemment infranchissable
séparant la science (chargée de comprendre la nature) et la politique (chargée de
régler la vie sociale), séparation dont les conséquences -affaires du sang, de
l'amiante, de la vache folle...- deviennent de plus en plus catastrophiques ? L'écologie
politique a prétendu apporter une réponse à ce défi. Mais après de fracassants
débuts, elle peine à renouveler la vie publique... Dans ce livre qui fait suite à Nous
n'avons jamais été modernes (La Découverte, 1991), Bruno Latour propose une
nouvelle façon de considérer l'écologie politique.
La nature a toujours constitué l'une des deux moitiés de la vie publique, celle qui
rassemble le monde commun que nous partageons tous, l'autre moitié formant ce
que l'on
appelle la politique, c'est-à-dire le jeu des intérêts et des passions. D'un côté ce
qui nous unit, la nature, de l'autre ce qui nous divise, la politique. Et c'est pourquoi
il est faut de prétendre que le souci de la nature caractériserait l'écologie politique
: car à cause des controverses scientifiques qu'elle suscite, à cause de l'incertitude
sur les valeurs qu'elle provoque, elle oblige à abandonner la nature comme mode
d'organisation publique. La question devient donc : comment penser enfin la politique sans
la nature ? Pour Bruno Latour, la solution repose sur une profonde redéfinition à la
fois de l'activité scientifique (à réintégrer dans le jeu normal de la société) et
de l'activité politique (comprise comme l'élaboration progressive d'un mode commun). Ce
sont les conditions et les contraintes de telles redéfinitions qu'il explore avec une
grande rigueur dans cet ouvrage important. A la croisée de la philosophie des sciences et
de la philosophie politique, ce livre s'adresse à ceux qui s'intéressent à l'écologie,
aux controverses scientifiques, au rôle des experts dans les débats publics et, plus
généralement, à ceux qui estiment que la question de la démocratie doit s'étendre aux
sciences elles-mêmes.
Revue
SEVE (Santé, Enjeux, Visions, Equilibres), n°5, hiver 2004, "Justice
et santé"
http://www.editionsdesante.fr/SiteEDS.nsf/AGdefaultRevuesSEVE?OpenFrameSet
- L'évolution des rapports justice-santé
M.-O. Bertella-Geffroy, pp. 21-30
- L'exemple américain
J. Drucker, M. Faessel-Kahn, pp. 31-38
- La judiciarisation de la médecine, mythe et réalité
L. Helmlinger, D. Martin, pp.39-46
- Les conséquences de la judiciarisation de la médecine sur la
pratique médicale
J. Lansac, M. Sabouraud, pp. 47-56
- Le juge constitutionnel et la maîtrise des dépenses de santé
R. Pellet, pp. 57-64
- Les juges et la fin de vie
F. Dreifuss-Netter, pp. 65-75
Revue
Européenne des sciences Sociales - Cahiers Vilfred Pareto,
"Les Usages de la précaution", , tome XLII, n°130, 2004
sous la direction de Mark Hunyadi,dans le cadre du travail
du RIBios, Réseau interdisciplinaire sur la biosécurité, Genève (http://www.ribios.ch/)
Préface - "Les rêves de la raison" - Jean-Pierre Dupuy
-
I. Théories de la précaution
La logique du raisonnement de précaution, M.Hunyadi,
- 9
Pour une approche évolutive de la précaution, F van Griethuysen - 35
-
II. Les risques à l'heure de la précaution
De l'utilisation de la notion de risque dans le débat
public sur les biotechnologies, B. Bordogna Petriccione - 73
De la gestion à la négociation des risques. Apports des procvédures
participatives d'évaluation des choix technologiques, A. Kaufmann, H.
Perret, B. Bordogna Petriccione, M. Audétat, Cl. Joseph -109
Disséminations expérimentales d'OGM en France et en Suisse : évolution
du débat public, H. Perret, B. Bordogna Petriccione, A. Kaufmann, M. Audétat,
Cl. Joseph - 121
Risques, assurance et irréversibilité, A. November et V. November - 161
Responsabilité et biotechnologie, Ph. Cullet - 181
-
III. La précaution in vivo
Rationalité économique et logique de précaution : quelle
compatibilité ?, P. van Griethuysen - 203
Le codex alimentarius, le Protocole de Carthagena et l'OMC : une relation
triangulaire en émergence ?, MM. Mbengue et UP Thomas - 229
Plantes transgéniques en agriculture et principe de précaution : le rôle,
l'expérience et le point de vue d'un acteur suisse du débat, N. Delabays
et P. Malnoë - 249
Nouvelles firmes, nouvelles stratégies ? La stratégie d'innovation de
Syngenta, MA Quezada, - 259
Annexe
Les impacts des plantes transgéniques dans les pays en voie de développement
et les pays en transition, M. Saam, B. Bordogna Petriccione et A. November,
- 295
Revue
Internationale de Politique comparée, "Les politiques des risques
en Europe", vol.10, n°2
http://ripc.spri.ucl.ac.be/fr/sommaires/vol10-2.htm
Avant-propos Les
politiques des risques en Europe
Pierre
Lascoumes, Claude Gilbert (coordonateurs du numéro)
Complexité et trajectoires d'apprentissage dans
l'action publique. Les instruments de gestion durable des ressources en eau
en France et au Royaume-Uni.
Jean-Pierre
Le Bourhis
L'information environnementale : nouvel instrument de
régulation politique en Europe ?
Thierry
Lavoux
La participation contre la mobilisation ? Une analyse
comparée du débat sur les OGM en France et au Royaume-Uni.
Pierre-Benoit Joly, Claire Marris
L'évolution des opinions sur les biotechnologie dans l'Union européenne.
Daniel Boy
Crises, acteurs politiques et changement institutionnel, un nouveau système
de gestion des risques alimentaires en Grande Bretagne ?
Thomas Alam
Une interprétation de la constituion de l'ESB comme problème public européen
Marc Barbier
SEVE
(Santé, Enjeux, Visions, Equilibres), « Santé, où
sont les pouvoirs ? », n°1,
2004
http://www.editionsdesante.fr/SiteEDS.nsf/0/675fa193ae2bcec8c1256e270032ec86?OpenDocument
L. Murard, P. Zylberman : Le ministère de la santé
publique 1920-1945
D.Tabuteau : Les agences sanitaires.
R. Langlet, B. Topuz : Santé publique et pouvoir politique
face aux lobbies industriels.
P. Lascoumes : L'usager, acteur fictif ou vecteur de
changement.
J.P. Dumont : Les conflits de pouvoir à l'hôpital.
J.P. Durand : Les nouveaux pouvoirs de la santé.
G. Johanet : Les pouvoirs de blocage dans le monde de
la santé.
G. Badou : La fin de l'immunité médiatique.
Un Entretien avec une personnalité extérieure au système
de santé qui pose un regard différent sur les questions de santé. Pascal
Bruckner est le premier invité de ces entretiens.
Revue
française d'administration publique, "L'administrateur et
l'expert", n° 103, 2003 http://www.ena.fr/ena.php?Id=004025011&profil=
Problématique générale
et enjeux
Marie-Françoise BECHTEL
L'expertise, de la recherche d'une action rationnelle
à la démocratisation des connaissances et des choix
Pierre LASCOUMES
Quel statut pour l'expert ?
Rafaël
ENCINAS de MUNAGORRI
L'Office parlementaire d'évaluation des choix
scientifiques et technologiques : le politique et l'expertise scientifique
Claude BIRRAUX
L'évaluation britannique du risque de transmission de
la maladie de la vache folle aux humains
Eve SEGUIN,
Leçons tirées du maintien de l'embargo sur le buf
britannique en 1999
Olivier GODARD,
Risques, expertise, décision publique : un retour sur
le sens des mots
Jean-François GIRARD
La réception de l'expertise par le ministère de
l'agriculture : la prise de décision
Catherine GESLAIN-LANEELLE
Intégrer savoirs et opérations : la stratégie de la
Banque mondiale
François LACASSE
L'exemple de la SNCF
Jacques FOURNIER,
Jacques SAURET
La sécurité routière
Isabelle MASSIN
Cahiers
Internationaux de Sociologie "Faut-il
une sociologie du risque ? "; volume
114, année 2003 http://puf.ornis.fr/revue.php?revue=TF
La modernité du risque
Alain BOURDIN ;
La société du risque globalisé revue sous l'angle
de la menace terroriste
Ulrich BECK ;
Deux conceptions divergentes de l'expertise dans l'école
de la modernité réflexive
Florence RUDOLF
La fabrique des risques
Claude GILBERT
Confiance et rationalité de la méconnaissance des
risques dans la (co)propriété
Marie-Pierre
LEFEUVRE
La force des dispositifs faibles : La politique de réduction
des risques en matière de drogues
Jean-Yves TREPOS
L'insécurité et son traitement politique en Belgique
Christine SCHAUT
Interprétation et quantification des prises de risque
délibérées
Patrick PERETTI-WATEL
Théorie de la décision et risques routiers
Claudine PEREZ-DIAZ
Guerre et sociologie du risque
Rémi BAUDOUÏ
L'expertise scientifique à destination politique
Céline GRANJOU
Santé
et Travail, n°42 dossier spécial, janvier 2003
Explosion
d'AZF-Grande Paroisse : la sous-traitance pointée du doigt
Nathalie
Quéruel
Prévention
dans les industries à risque : faire valoir le point de vue du travail
Ghislaine
Doniol-Shaw
Politique
de sécurité dans les entreprises : « L'étrange banalité des
accidents »
Interview
de Michel Llory,
par
Roger Lenglet
Modèles
organisationnels : comment concilier écart de procédure et fiabilité
?
Mathilde
Bourrier
Idéologie
libérale : le risque, c'est la vie ?
Philippe
Davezies
Industrie
sidérurgique : gage de sécurité, l'expérience est une ressource
menacée
Valérie
Pueyo
Sécurité
et incendie : feus les pompiers sur site
Joëlle
Maraschin
Prévention
et contrôle de l'Etat sur les sites industriels : faut-il faire
confiance aux Drire ?
Michel
Steiner
Rôle
de l'Inspection du travail : s'inscrire dans des stratégies collectives
de prévention
Christian
Lenoir
Initiatives
syndicales : formations pour l'action
Martine
Rossard
Prévention
des risques technologiques : un projet de loi à portée limitée
Joëlle
Maraschin
Démocratie
technique : « Quand des profanes interpellent les experts »
Interview
de Pierre Lascoumes, par Madeleine Melquiond
Catastrophe
de Bhopal : dix-huit ans après, l'horreur continue
- 1.Guest
Editorial Introduction to Crisis Research in France
Claude Gilbert
2.Crisis Management in France: Trends, Shifts and Perspectives
Patrick Lagadec
3.Bridging Research and Practice: The Challenge of Normal
Operations' Studies
Mathilde Bourrier
4.A New Approach to Crisis Management
Bertrand Robert, Chris Lajtha
5.From One Crisis to the Other: The Shift of Research Interests in
France
Claude Gilbert
6.Crisis Research: French Decision Makers' Expectations - plusieurs
contributeurs
7. Book reviews
"
Les
grandes peurs dans la montagne", Revue l'Alpe, éditions
Glenat, n°18, hiver 2003
Sommaire et résumé : http://www.glenat.com/glenat_presse/lalpe/en_kiosque/mag.htm
Ce plat pays qui sera le mien
Eugenio Turri.
Les miraculées de Bergemoletto
Pietro Spirito.
La collision des continents
Michel Campillo et Guy Perrier.
Le choc des chromos
Yves Abraham.
Zéro de conduite
Claude Gardien.
C'est la faute à de Saussure
Danielle Buyssens.
Drame au Cervin
Daniel Léon.
L'alpe de miséricorde
Jean-Olivier Majastre.
Au bonheur des voyageurs (en péril)
Jean-Loup Fontana.
Le Claps de Luc
André Pitte.
La menace fantôme
Angélique Prick.
Chronique d'une mort annoncée
Daniele Cat Berro.
La prédiction - Une nouvelle de Sylvain Jouty.
Revue
Risques, n°47 - septembre 2001
Dossier n°3 . Analyses
Risque et démocratie
La
démocratie face aux incertitudes scientifiques
Pierre Picard,
L'expertise
à l'épreuve des risques et des menaces
Claude Gilbert,
La
manipulation de l'information sur les risques
Agnès Brun,
Choix
collectifs et risques globaux
Alain Trannoy, Karine Van der Straeten,
Que
faire des désaccords entre comités d'experts?
Pierre-Benoît Joly, Marc Barbier,
Précaution
légitime et proportionnalité
Olivier Godard,
La
régulation des risques industriels majeurs
Bernard Sinclair-Desgagné,
Spécialistes
et profanes en situation d'expertise
Jacqueline Estades, Élisabeth Rémy,
Les
nouveaux modes de délibération publique
Daniel Boy,
Le
débat nécessaire entre le politique et le citoyen
Jean-Yves Le Déaut
Lien vers le site de la Revue Risques : http://www.ffsa.fr/
Annales des Ponts et Chaussées, numéro spécial "Incidents,
accidents, catastrophes. Retours d'expérience", n°91, septembre 1999.
Premiers éléments pour une approche transversale du retour d'expérience
Claude Gilbert
Prévention et retour d'expérience à Air France,
Bertrand de Courville
Le retour d'expérience dans les accidents graves de transports terrestres,
Michel Quatre
Rôle du retour d'expérience dans la gestion de crise à la SNCF,
Geneviève Aubry
Le retour d'expérience à la RATP,
Claude Hennebert
L'apport des études détaillées d'accidents aux retour d'expérience en sécurité
routière,
Francis Ferrandez
Les problématiques judiciaires des enquêtes techniques et administratives,
Georges Tourret
Evolution de l'organisation en DDE 13 pour faire face aux exigences nouvelles après la
catastrophe de Furiani,
Eric Aufan
Risques naturels et retour d'expérience : est-ce pour bientôt ?,
Philippe Huet
Accidents : un rude apprentissage,
Gordon Mac Donald
Fondements et limites du retour d'expérience,
René Amalberti, Cyril Barriquault
Lien vers le
site des Annales des Ponts : http://www.enpc.fr/Annales/
Les
Cahiers de la Sécurité Intérieure, numéro spécial "Risque et démocratie.
Savoirs, pouvoirs, participation. vers un nouvel arbitrage" ?, n°38, 4ème trimestre
1999
Pourquoi et pour qui un risque est-il acceptable ? Représentations du risque et
inégalités sociales
Patrick Peretti-Watel
Des différentes formes de démocratie technique
Michel Callon
Point de vue sur l'acceptabilité sociale du discours du risque
Michalis Lianos
Productivité des controverses et renouveau de l'expertise
Pierre Lascoumes
La gouvernance technocratique par consultation ? Interrogation sur la première
conférence de citoyens en France
Claire Marris, Pierre-Benoît Joly
Gestion des risques et des crises : les procédures de retour d'expérience
Claude Gilbert, Isabelle Bourdeaux
La traçabilité comme technique de gouvernement des hommes et des choses
Didier Torny
Une approche réflexive du partage entre savoir expert et savoir profane
Un texte de Brian Wynne présenté par Yannick Barthe
Lien vers le site web de
l'IHESI :http://www.ihesi.interieur.gouv.fr/
Politix,
numéro spécial "Politiques du risque" n°44, 1998
Les risques
collectifs sous le regard des sciences sociales
Cyril Lemieux, Yannick Barthe
Des objets à géométrie très variable
Entretien avec Claude Gilbert
Le citoyen secoureur
Frédéric Caille
La traçabilité comme
technique de gouvernement des hommes et des choses
Didier Torny
La sociologie pragmatique à l'épreuve des risques
Francis Chateauraynaud
Les tireurs d'alarme dans les conflits sur les risques
technologiques
M. Bernstein, J. Jasper
La mobilisation des victimes d'accidents collectifs
Jean-Paul Vilain, Cyril Lemieux
Lien
vers le site web de Politix

Contact :
Isabelle.Bourdeaux@msh-alpes.prd.fr
Tél : 04 76 82 73 02 Fax : 04 76 82 73 04
18/07/2008
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