| |
Champ
du GIS Risques Collectifs et Situations
de Crise

Les risques collectifs et les situations de
crise considérés renvoient aux risques naturels et industriels (y
compris les risques nucléaires), aux risques environnementaux, épidémiques,
alimentaires, aux risques liés à des accidents concernant des
équipements collectifs (établissements recevant du public notamment), aux risques
liés à des ruptures de grands systèmes (eau, électricité,
télécommunications, transports, réseaux informatiques...), aux manipulations du vivant,
etc.
Ces objets partagent, en dépit de leurs différences de nature, une série de
caractéristiques justifiant un questionnement commun. Ils semblent tous, à des degrés
divers, susceptibles de mettre en cause des intérêts collectifs vitaux (intégrité
physique des personnes, patrimoine écologique, biologique ou autre...) ; de porter
atteinte aux fondements socio-politiques (pertes de légitimité et d'autorité des
institutions, remise en cause des principes, règles et dispositifs juridiques ou
politiques organisant la citoyenneté et la solidarité...) ; d'affecter gravement les
capacités de connaître et d'interpréter la réalité (inadéquation des outils
techniques et scientifiques, des traitements politiques et symboliques...).
Ils ont également comme caractéristique de ne pouvoir être directement rapportés et
circonscrits ni à de seules intentions, fautes et erreurs humaines, nettement
identifiables et individualisables, ni à de seuls facteurs et menaces exogènes, ni à de
seuls défaillances et déterminants scientifiques et techniques, mais apparaissent comme
étant largement liés à des aspects ou dysfonctionnements de type organisationnel et
inter-organisationnel.
Ces aspects situent les risques et situations de crise au coeur même des modes de
fonctionnement des collectivités et renouvellent le questionnement sur la nature des
vulnérabilités de nos sociétés, sur le degré d'auto-production et le caractère
endogène des risques et des crises. Ils conduisent aussi à s'interroger différemment
sur la question de l'imputation et des causes, de l'établissement des responsabilités
voire également sur celle du contrôle et de la gouvernabilité des sociétés
contemporaines.
Aucune "spécialité" ou "discipline" n'apparaît ainsi en mesure de
proposer un modèle explicatif englobant toutes ses dimensions. Seuls le croisement
de perspectives et problématiques diverses et la réalisation d'études de terrain bien
documentées et diversifiées peuvent permettre de rassembler les éléments nécessaires à
la compréhension, la réflexion et l'action.
Problématiques, axes et thèmes de recherche
Les réflexions au sujet des risques
collectifs et des situations de crise conduites au sein de différents
organismes de recherche, d'organismes publics, de ministères, etc. ont
fait émerger une série de thèmes de recherche susceptibles d'être
repris et élargis dans le cadre du GIS. Certains ont un caractère à la
fois général et fondamental, d'autres portent sur des points plus
particuliers, plus proches aussi de préoccupations en termes d'action
(tout en recoupant divers questionnements théoriques). La plupart de ces
thèmes ont une forte dimension comparative (entre différentes
catégories de risques, entre des organismes, des groupes professionnels,
des groupes sociaux, des populations, des territoires, des pays, etc.
concernés par un même type de risques, etc.).
Axes généraux :
 |
L'identification, la hiérarchisation et la
"mise sur agenda" des risques collectifs comme problèmes
publics. Idée force : mieux comprendre les modes de définition des
risques ainsi que les processus déterminant leur prise en compte -ou leur
absence de prise en compte.
|
 |
Les modes de gestion effectifs des risques
collectifs. Idée force : dépasser les approches juridiques et/ou
administratives et analyser comment, selon les différents types de
risques, se constituent ou non des systèmes d'acteurs, des ensembles d'organisations
interagissant et s'appropriant les risques.
|
 |
Le développement des dynamiques de crise.
Idée force : mieux comprendre la genèse et le développement des crises
en prenant en compte les dénonciations et mises en cause (notamment
celles émanant de la "société civile"), l'action
spécifique des médias, des instances judiciaires, mais aussi le rôle
joué par divers types d'acteurs susceptibles d'intervenir ou de
prendre position (responsables politiques, administratifs, chefs d'entreprises,
syndicalistes, scientifiques, experts, etc.).
|
 |
Les différentes dimensions liées aux questions
de responsabilités. Idée force : déterminer l'impact des
problèmes de responsabilités dans la gestion des risques et le
développement des crises ; préciser comment le traitement
judiciaire de risques réalisés, l'avènement de nouveaux principes
(principes de précaution notamment) modifient l'approche des risques
collectifs.
|
Thèmes particuliers :
 |
Les conditions de l'expertise scientifique.
Idée force : analyser comment des chercheurs, des équipes de recherche,
des organismes de recherches sont incités à produire des expertises sur
des risques (notamment ceux de nature particulièrement incertaine) et
comment sont ou non réglées les contradictions qu'ils rencontrent
(avec leurs pairs, avec les demandeurs d'expertise, les médias, les
représentants de la "société civile", etc.).
|
 |
Les modalités de participation et de concertation
autour des risques. Idée force : étudier les modalités nouvelles et
diverses d'association d'acteurs de la "société civile"
dans la gestion des risques collectifs et les effets qu'ils produisent
ou non dans la production de connaissance (nouvelles relations entre
savoirs "savants" et savoirs "profanes"), dans les
prises de décision.
|
 |
Les prises de décision en matière de risques et
de crises. Idée force : analyser les décisions en matière de
risques collectifs -et de crise- compte tenu de données contextuelles
telles que : les incertitudes scientifiques, les alertes, les attributions
de responsabilité, les enjeux économiques, etc.
|
 |
Les procédures de retour d'expérience.
Idée force : déterminer comment les organismes publics et privés
peuvent développer des pratiques de retour d'expérience, mettre en
place des dispositifs de vigilance compte tenu notamment : des problèmes
de responsabilité, des tendances à "l'internalisation" des
pratiques de retour d'expérience (démarche qualité, etc.), des
exigences vis-à-vis des pouvoirs publics en matière de sécurité.
|
 |
Les erreurs humaines et les défaillances
organisationnelles. Idée force : analyser les erreurs et les
défaillances qui surviennent "normalement" dans les activités
à hauts risques, sans qu'il y ait donc transgression volontaire des
normes et règlements, en insistant particulièrement sur les aspects
liés à la cognition.
|
Contacts : isabelle.bourdeaux@msh-alpes.prd.fr
Haut de page
MSH-Alpes, BP 47 X
38040 Grenoble cedex 9 - Tél : 04 76 82 73 02
- Fax : 04 76 82 73 04
17/01/2006
|